

Et si on travaillait moins pour sauver la planète ?
Ce n’est un secret pour personne. Nos modes de vie doivent changer radicalement dans nos façons de consommer, de nous déplacer et de produire pour freiner le réchauffement climatique. Un changement sociétal et culturel complexe à initier de toute urgence. Et si on s’attaquait d’abord à notre rapport au boulot ?
2022 M10 27
L’équation est simple à comprendre. Moins de travail égal moins de déplacements, donc moins de pollution et hop, le réchauffement climatique ralentit. C’est en substance ce que des études préconisent dans plusieurs pays. Et la semaine de 4 jours serait un levier puissant pour préserver la planète !
Des déplacements domicile-travail polluants
Selon l’ADEME, le transport est responsable de 31 % des émissions de gaz à effet de serre en France. A elle seule, la voiture en représente plus de la moitié. Même constat au Royaume-Uni. “ Il est clair qu’une réduction du temps de travail à grande échelle aurait un effet positif sur la réduction des émissions de CO2 dues au transport.” affirme Laurie Mompelat, dans son rapport « Stop the clock » sur la semaine de 4 jours rédigé pour le think tank britannique Platform.

Une réduction constatée de 5,9% des émissions de CO2 pendant le confinement
Alors, en réduisant l’usage de la voiture d’un jour par semaine, il est raisonnable de penser que l’empreinte carbone de chacun serait allégée. La meilleure preuve ? Pendant le confinement, alors que la moitié de la population active était en télétravail ou en chômage partiel, le Haut Conseil pour le Climat a chiffré à 5,9% la réduction des émissions de gaz à effet de serre en 2020 par rapport à l’année précédente. Partout dans le monde, avec des déplacements limités au maximum, l’air est rapidement devenu plus respirable, évitant même des morts prématurées liées à une exposition aux particules fines.
Des bureaux désertés pour améliorer notre efficacité énergétique
La semaine de quatre jours provoquerait aussi de fait une baisse de la consommation d’électricité des entreprises. Elles sont d’ailleurs reconnues comme bien plus énergivores que les foyers. Les ordinateurs, les imprimantes et toutes les machines utilisées dans le cadre professionnel restent la plupart du temps allumés de jour comme de nuit et se révèlent très gloutonnes en énergie. En outre, des études prouvent que les personnes qui passent beaucoup de temps au boulot ont un bilan carbone plus important que les autres. Ils ont plus souvent recours aux achats en ligne de repas ultra-transformés, bien dégueulasses pour la santé et la planète.. A contrario, ceux qui sont plus souvent à la maison s’adonnent à des activités moins énergivores comme faire des promenades, du jardin, de la cuisine… Aussi un coup de pouce des politiques publiques axé sur le développement des activités culturelles et sportives locales serait bien vu. Histoire de circonscrire les envies de prendre l’avion pour les week-end prolongés, par exemple.

Du travail pour tous, peut-être
En plus de ces considérations écologiques, le passage à la semaine de 4 jours pourrait avoir une vertu sociale. Avec une baisse du temps de travail, le besoin en main d’œuvre pourrait se ressentir dans les entreprises, les incitant à embaucher. Il y a un précédent, d’ailleurs. Selon l'Insee, la loi sur les 35 heures en France a abouti à la création d'environ 350.000 emplois entre 1998 et 2002.
Alors qu'est-ce qu'on attend ?