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Et si on utilisait l’eau de mer pour créer les carburants de demain ?

Les énergies renouvelables sont un des leviers essentiels pour tendre vers un mode de vie plus durable. Avec l’eau par exemple, nous sommes désormais capables de produire de l’électricité grâce aux barrages. Mais, selon une étude scientifique publiée en janvier 2020, il semblerait que l’on puisse aller encore plus loin en créant du carburant à partir d’eau de mer.

Transformer de l’eau de mer en carburant ? Cela vous semble digne d’un scénario de science-fiction ? Pourtant en 2014, un groupe de scientifiques de la marine américaine avait déjà relevé le défi en réussissant à faire voler un modèle réduit d’avion avec ce nouveau combustible. Autant vous dire que cela ouvrait de grandes perspectives quant à une potentielle indépendance énergétique. 7 ans plus tard, cette solution est reprise car elle pourrait servir à réduire les émissions de CO2 du secteur maritime. 

« Les émissions de dioxyde de carbone du secteur maritime pourraient augmenter de 50% à 250% d’ici 2050 si l’on ne fait rien alors qu’elles représentent déjà 3% des émissions mondiales actuellement. »

Transport maritime et environnement : deux mauvais copains ?

Si vous avez en tête des images de marées noires causées par des incidents maritimes, vous en conviendrez, le transport maritime est responsable de nombreux dommages causés à notre environnement. Le naufrage du vraquier Wakashio près de l’île Maurice en juillet dernier a par exemple été responsable du déversement de pas moins de 800 tonnes de mazout dans la mer, générant ainsi une terrible pollution et mettant en danger les écosystèmes marins. 

Marées noires mais aussi émissions de dioxyde de carbone ou encore de particules fines, les reproches que l’on peut faire à ce transport sont nombreux. D’après France Nature Environnement, un seul cargo ou porte-conteneurs génèrerait autant de pollution aux particules fines qu’un million de voitures. Les émissions de dioxyde de carbone de ce secteur pourraient quant à elles augmenter de 50 à 250% d’ici 2050 si l’on ne fait rien alors qu’elles représentent déjà 3% des émissions mondiales actuellement, selon l’Institut Supérieur d’Economie Maritime.

L’eau de mer comme carburant pour préserver nos océans 

C’est là que la solution de l’eau de mer refait surface. Selon les chercheurs de l’Université américaine de Rochester, l’eau salée pourrait être une possibilité pour créer un carburant plus neutre pour faire avancer nos bateaux. Dans leur étude publiée dans Energy & Environnemental Science, ces scientifiques expliquent que, grâce à une méthode simple appelée « conversion catalytique inversée », il serait possible de remplacer le polémique mazout par cette ressource quasiment infinie que représente l’eau de mer. 

Pour faire simple, la méthode avancée par la communauté scientifique consiste à extraire le dioxyde de carbone (CO2) présent dans l’eau et à le transformer en monoxyde de carbone (CO), qui peut à son tour être converti en hydrocarbure. Cette transformation nécessite l’utilisation d’un catalyseur composé de carbure de molybdène ainsi capable de résister aux températures élevées. 

« Si le transport maritime était un pays européen, il serait le 8ème pays le plus polluant avec un total de 139 millions de tonnes de CO2. »

Une solution durable et efficace ? 

Se prélevant directement dans l'eau, le carburant pourrait être fabriqué directement durant la navigation du bateau et durer plus longtemps qu'un carburant "classique". Selon les scientifiques de ce projet, si un bateau est capable de générer l’énergie dont il a besoin pour fonctionner grâce à l’eau de mer, il a alors une source d’énergie quasi illimitée à sa portée et cela ouvrirait la voie à une économie neutre en CO2. Ce procédé serait donc à la fois écologique et économique. 

Ainsi la condition essentielle à la production de ce carburant neutre est donc la présence de dioxyde de carbone en grande quantité dans l’océan. Bonne nouvelle (ou presque), il y a 140 fois plus de dioxyde de carbone dans les océans que dans l’air. En effet, les océans fonctionnent comme des éponges et absorbent le gaz carbonique. Ainsi, plus l’humain produit et plus les océans se chargent de dioxyde de carbone… Ce carburant « propre » permettrait donc une certaine compensation carbone en réutilisant le dioxyde de carbone que nos activités produisent, principal responsable du réchauffement climatique.

Pour le moment, ce modèle n’a pas été testé en conditions réelles et une interrogation subsiste sur la possibilité de faire fonctionner les catalyseurs avec des énergies renouvelables produites directement à bord des navires. Mais dans les prochaines années, cette invention pourrait se révéler très intéressante !

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