Panneaux solaires ou végétation : que faire de son toit quand on est écolo ?

Plus de biodiversité, moins d’énergie fossile et une meilleure isolation... les bonnes raisons d’exploiter votre toit ne manquent pas. Mais quelle solution est la plus adaptée à votre maison ? On vous aide à choisir.
  • Du soleil sur la France

    Cet été, on comptait 110 000 foyers équipé de panneaux solaires selon Enedis. C’est 36 fois plus qu’en 2015 et, aujourd'hui, 61 % des Français y pensent sérieusement (et pas qu'en se rasant). Ce qui explique ce développement, c’est l’envie de réaliser de menues économies sur les factures d’énergies et de faire un geste pour la planète en optant pour une énergie renouvelable propre.

    Comme le rendement des panneaux augmente chaque année, il n’est plus nécessaire d’habiter le Sahara pour en profiter sur une large plage horaire. Car l’auto-consommation permet de réduire sa dépendance aux énergies fossiles (fioul ou bois de chauffage notamment) et nucléaires, même si votre autoproduction est faible. Les panneaux auront en outre l’avantage de couvrir votre toit en limitant le rayonnement, donc la chaleur ; pas mal quand on n'a pas de clim' et qu’on vit sous les combles.

    Précisons que la fabrication est de plus en plus responsable et dénuée de terres rares. L’empreinte carbone d’un panneau photovoltaïque ne met donc que 3 ans à être amortie, alors qu’on leur prête 20 à 30 ans de durée de vie. Sur le plan environnemental, c’est un win sur toute la ligne.

    Mais est-ce rentable économiquement ? Cela va dépendre de beaucoup de paramètres : taille de l’installation, durée d’exposition, type de consommation et capacité à auto-consommer… D’un côté, des kits réduits, qui ne nécessitent pas d’artisan, rendent les installations plus light ; de l’autre, il est possible de vendre votre électricité. Le tarif est fixe et encadré par l’État donc stable : EDF la rachète 0,10 €/kWh (pour des installation de moins de 9 kWc) et Enercoop 0,06 €/kWh. Au pire, faites faire un devis pour estimer votre capacité de production et découvrir les recettes potentielles.

    Comme l’a calculé Bruno Claessens, président de l’association belge pro-transition Amperes, « la vente d’un excédent de 2 000 kWh /an vous rapporterait dans ce cas 2000 x 0,10 = 200 € / an ». Aussi, n’oubliez pas que vous consommerez une énergie gratuite et non taxée. Alors, au moment où le prix de l’électricité s’envole, toute économie est bonne à prendre. Bilan : une toiture solaire est un geste efficace pour réduire son empreinte carbone domestique et pourquoi pas empocher quelques revenus selon la saison.

    Un ciel de verdure

    Végétaliser son toit est une tradition nordique qui tend à se développer aussi en Europe du Sud. En remplacement des tuiles et tôles, une couche de terre sur laquelle croissent des plantations d’herbes, mousse ou plantes vivaces. Le gain en terme d’isolation thermique est flagrant : en limitant les déperditions par le toit, on réduit de 40 % l’amplitude thermique dans la maison. Autant d’énergie en moins pour se chauffer ou rafraîchir.

    La toiture verte ne s’arrête pas là. Elle offre aussi un rempart contre les pires phénomènes climatiques en ne craignant ni les tempêtes de vent (pas de tuiles qui s’envolent) ni les pluies battantes qu’elle absorbe. Mieux : plusieurs toits cultivés vont retenir assez d’eau pour réduire les risques d’inondations dans une rue. En séchant, l’eau qui s’évapore rafraîchit encore le toit comme un ventilateur naturel.

    Ajoutons encore que cette couche de nature est un écrin pour la biodiversité dont les insectes et oiseaux vont profiter à la faune locale (et réduire vos moustiques en été) et que c’est un excellent isolant phonique pas négligeable en ville.

    Le défaut ? Contrairement aux panneaux solaires, un toit végétalisé demande de l’entretien. A la fois pour vérifier l’étanchéité des structures et pour la survie et remplacement des plantes. L’installation coûtera entre 25 et 70 €/m² selon les plantes choisies et un installateur est indispensable, ne serait-ce que pour estimer la pente possible (jamais moins de 2% ni plus de 17 %) pour l’évacuation des pluviales. Il y a un véritable risque architectural car tous les toits ne peuvent supporter les 100 à 150 kg/m² de nature qu’on va y déposer.

    Une conclusion pourrait être de préférer une installation solaire dans les régions ensoleillées et un toit végétalisé dans les zones plus arrosées ou à toits plus "plats". Mais on peut voir plus loin.

    Solaire et verdure : pourquoi choisir ?

    En effet dès 2023, les constructions à destination des professionnels (entrepôts, commerces et bureaux) devront aménager une part de leur toiture à des fins environnementales (loi Climat et Résilience). Or plutôt que choisir, les pros pourraient bien cumuler les deux. Des chercheurs allemands ont constaté que la productivité d’un panneau solaire installé sur une zone végétalisée était jusqu’à 8 % meilleure que sur un sol artificiel. Dites merci aux plantes qui vont refroidir l’installation et éviter les surchauffes lors de l’évaporation de l’eau.

    De plus, cet environnement bio améliore la durée de vie des panneaux en absorbant  les particules environnantes. A raison de 2 kg/m² de verdure chaque année, les plantes suppriment une poussière qui endommage les cellules à long terme. Messieurs les entrepreneurs, si vous avez un toit au-dessus de votre activité, la transition écologique est entre vos mains.

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