#Upwrapping, l'initiative écolo pour donner une seconde vie au tissu qui enrobe l'arc de triomphe

25 jeunes marques françaises spécialisées dans l’économie circulaire ont lancé le hashtag #Upwrapping afin de donner une seconde vie à l'œuvre qui recouvre l’Arc de Triomphe
  • En 1985, le plasticien Christo et sa compagne Jeanne-Claude réalisaient une performance artistique à Paris, en emballant de tissu le Pont-Neuf. Une manière philosophique et esthétique de “dévoiler ce qui est caché”. Les deux artistes avaient récidivé 10 ans plus tard en emballant le Reichstag, le parlement Allemand à Berlin, et puis d'autres structures, notamment des arbres, en Suisse. 

    Disparu en juin dernier, Christo n’aura malheureusement pas pu voir se réaliser ce qui devait être sa dernière œuvre : emballer l’Arc de Triomphe. Un projet qui a été décalé à cause du Covid, quelques mois avant la mort de l'artiste, et qui vient d’être achevé à titre posthume par Vladimir Yavachev, son neveu.

    L’œuvre posthume de Christo, en place depuis le 18 septembre et jusqu’au 03 octobre, a coûté 14 millions d’euros et a été entièrement autofinancée grâce à la vente de dessins préparatoires ou de lithographies. Et, au-delà de l'aspect artistique, c'est surtout l'avenir du matériau utilisé qui pose question à de nombreuses personnes. 

    Le pont-neuf by Christo et Jeanne-Claude - 1985


    25 000 m2 de polypropylène, c'est beaucoup !

    Signe que l’écologie est désormais ancrée dans nos modes de vie, le sujet de l’avenir de cet immense emballage pose question. Il y a déjà des petits malins qui y trouvent d'ailleurs leur intérêt, puisque chaque visiteur se voit offrir en contrepartie un petit bout de ce revêtement géant. D’ailleurs, en quelques jours, les annonces sur Leboncoin de particuliers qui revendent le fameux tissu argenté bleu sont en train d’exploser avec des prix allant de 10€ à 50€. 

    Mais à plus grande échelle, beaucoup de monde s’interroge aussi sur ce que vont devenir les 25 000 mètres carrés de polypropylène et les trois kilomètres de corde qui ont servi pour l'ouvrage. Car il est évidemment hors de question de gâcher cette gigantesque manne de matière qui peut servir à énormément de choses. 

    Raison pour laquelle 25 marques françaises ont lancées sur les réseaux sociaux le hashtag #Upwrapping afin de sensibiliser Jeanne-Claude et Vladimir Yavachev à une revalorisation de l'oeuvre en France via l’upcycling.


    L’upcycling comme alternative au recyclage

    L’upcycling, ou surcyclage en français, c’est une pratique qui permet de valoriser une matière ou un produit en lui donnant une nouvelle fonction, plutôt que de le recycler. Par exemple, réutiliser des chutes de bois pour créer des meubles. Où du polypropylène pour créer des vêtements ou des accessoires de mode, de design ou du mobilier. 

    La démarche de ces entreprises françaises est intéressante mais il n'est pas encore certain qu'elle aboutisse puisque les organisateurs de la performance de l'Arc de Triomphe ont déjà envisagé une solution : envoyer le polypropylène en Allemagne pour que cette immense bâche soit transformée en granules de plastique qui serviront ensuite à du revêtement de terrains de jeux. 

    Une solution qui a pourtant ses limites. D’abord, parce qu’il faudra tout renvoyer à l’étranger et que cela à un coût environnemental. Ensuite, parce que le recyclage n’est pas toujours la meilleure solution. C’est un procédé encore imparfait qui nécessite de la matière première brute et qui rejette aussi du CO2. D’un point de vue symbolique et écologique, ce serait donc une belle initiative si la famille de l’artiste se mettait à travailler avec des entreprises françaises qui se proposent de valoriser en circuit-court sur le territoire. 

    Quoiqu'il en soit, cette mobilisation prouve aussi que les temps changent et qu'aucun secteur n'est désormais exempt de sa transition écologique. Y compris le monde de l'art et de la culture. 

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