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Avec "Je m’en bats le clito", Camille Aumont Carnel tripote tous les tabous sur le sexe

Parler de plaisir, libérer la parole sur le sexe, casser les codes en matière de communication... tout ça, Camille Aumont Carnel le fait au quotidien sur les réseaux sociaux grâce à son puissant compte Instagram « Je m’en bats le clito ». Et l'on y prend vite goût.

Une forme d’éducation sexuelle via les réseaux

« J’en avais ras le clito des diktats et des stéréotypes imposés par cette société patriarcale, dans laquelle on vit. Je ne me reconnaissais nulle part, ni dans la langue française, ni dans les insultes, ni dans l’image que l’on attendait de moi ». Ca, c'est Camille Aumont Carnel parlant de « Je m’en bats le clito », un compte Instagram suivi par 726 000 personnes, et né d’une envie forte de la part de cette jeune femme, voilà deux ans, de casser les codes du plaisir féminin. En tout cas, de dévoiler son intimité pour mieux faire comprendre aux hommes mais aussi aux autres femmes, ce qu’est le plaisir.

« Non mais de toute façon, vous les filles, ce n’est pas comme nous les mecs, vous vous masturbez moins, c’est normal ». Sur les réseaux sociaux, Camille poste sans mâcher ses mots et pousse à réfléchir, commenter et discuter sur le sexe version femina. Alors que les comptes sur la sexualité se multiplient, "Je m’en bats le clito" vient casser les règles en s’appuyant sur des témoignages, et toute sa force réside dans la discussion et la transparence de Camille envers sa communauté. Une forme d’éducation à la sexualité par le prisme des réseaux sociaux, ces mêmes médias encore aujourd’hui décriés comme vecteurs de pornographies.

Abattre des tabous à coups de # et de punchlines : je dis oui madame ! 

La question qui se pose sur Instagram et derrière le combat de Camille Aumont Carnel, mais aussi au fil des pages de son livre Je m’en bats le clito, et si on arrêtait de se taire ?, c’est de savoir pourquoi les femmes ont-elles honte de leur intimité, de leur sexualité ou encore de leur plaisir ? Cacher, autocensurer, se taire… Autant de questionnements qui ne font pas peur à la jeune femme formée à l’école Ferrandi, en cuisine. Car bien au-delà de l’intimité, Camille Aumont Carnel a en plus mené un combat parallèle pour libérer la parole en cuisine et dénoncer le sexisme et le machisme derrière les fourneaux.

« J’essaye de vous redonner de la puissance, c’est ça mon travail mais en passant par l’intime et en vous faisant marrer. »

Elle se bat aussi contre le précarité menstruelle avec une initiative, la RedFriday, pour collecter suffisamment de kits pour fournir en tampons et serviettes les étudiantes ou les sans-abri. Sa force ? L’humour, avec des punchlines et une attitude décomplexée qui amènent au débat, à la réflexion. Imparable.

Crédit photo : Mathilde Lagarrigue. 

Aller encore plus loin

Où s’arrêtera donc « Je m’en bats le clito » ? « J’essaye de vous redonner de la puissance, c’est ça mon travail mais en passant par l’intime et en vous faisant marrer. J’adore vous faire marrer. J’espère que j’y arrive parce que bordel... que c’est dur », nous expliquait Camille au moment de Noël. Alors que les violences conjugales se multiplient, que la parole sur le viol se libère très doucement, que la sexualité féminine n’en est qu’à ses émois… Camille n’a pas fini de nous parler de consentement, de plaisir, de pertes vaginales ou encore de masturbation. 2021, année clitoridienne ? On dit "ouiiiiiiii".

Vous pouvez suivre Je m'en bats le clito sur Instagram ou acheter son livre, paru en décembre 2020. 

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