L'hydroélectricité, la première source d'énergie renouvelable au monde menacée par la sécheresse

L'hydroélectricité est la première source d'énergie renouvelable au monde et donc l'un des premiers remparts au réchauffement climatique. Oui mais voilà, ce même réchauffement est peut-être en train de lui être fatal.
  • Quand on parle d’énergies renouvelables, on parle souvent de solaire ou d’éolien. Pourtant, la principale source d’électricité verte est en réalité une électricité bleue : l’énergie hydroélectrique. Une électricité produite grâce à de nombreux barrages. 

    En France, l’hydroélectricité est la première source d’énergie renouvelable, avec une capacité 3 fois supérieure à celle de l’éolien et 4 à 5 fois supérieure à celle du solaire. Nous sommes d’ailleurs le 2ème plus gros producteur européen d’hydroélectricité, derrière la Norvège, grâce à plus de 2 500 barrages installés sur nos cours d’eau. 

    Seulement voilà, ces dernières années, le réchauffement climatique a entraîné des sécheresses beaucoup plus fréquentes et beaucoup plus intenses un peu partout sur la planète. Ce qui a des conséquences très lourdes sur l’avenir de la filière hydroélectrique. 

    « En 2020, l’hydroélectricité a fourni un sixième de la production mondiale d’électricité. C’est plus que toutes les autres énergies renouvelables réunies »

    Du Brésil à la Chine, en passant par la Norvège, tous les continents sont concernés

    Cet été, par exemple, la centrale hydroélectrique Edward Hyatt, en Californie, a dû fermer pour la première fois depuis sa construction en 1967 car son réservoir n’était plus qu’à 20% de sa capacité totale. Un seuil critique également atteint au niveau du barrage de Hoover, situé à la frontière du Nevada et de l’Arizona, qui n'a tourné qu'à 25% de sa capacité en juillet dernier. 

    Même son de cloche au Brésil où le gouvernement a précisé que le niveau d'eau dans les barrages n'avait pas été aussi bas depuis quatre-vingt-onze ans. Idem en Chine, où la sécheresse a entraîné une pénurie d’énergie jamais vue depuis 10 ans. 

    L’Europe a été épargnée cet été en raison d’un climat qui a fait la part belle aux pluies diluviennes et aux inondations. Mais il y a 3 ans, lors de la canicule de 2018, la production norvégienne d’hydroélectricité avait baissé de 20%. 

    Des signaux faibles à ne pas prendre à la légère

    Le rapport du Giec est formel, le réchauffement climatique va entraîner une augmentation des épisodes de sécheresses à travers la planète, ce qui risque de mettre à mal de nombreuses installations à l’avenir. Il semble ainsi probable que nous ne puissions plus bénéficier de cette source d’électricité sur les mois d’été d’ici 2050. En tout cas dans de nombreux pays du Monde. 

    La gestion de l’eau dans son ensemble est ainsi l’un des plus grands défis auxquels nous faisons face. Et cela pourrait toucher également d’autres sources d’énergies. La majorité des centrales nucléaires sont par exemple installées le long de cours d’eau afin d’utiliser les fleuves et rivières pour refroidir les réacteurs. Or, en France, par exemple, lors des canicules de 2019 et 2020, plusieurs réacteurs nucléaires ont été mis à l’arrêt à cause de la chaleur. Soit par manque d’eau, soit parce que la température de celle-ci ne permettait pas de refroidir la centrale. 

    Raison pour laquelle le gouvernement mise beaucoup sur l’éolien et le photovoltaïque, dont la puissance installée va être multipliée par 5 dans les prochaines années. 

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