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Quimper, première ville française à s’autoproclamer "zone de liberté pour les LGBT+"

Le chef-lieu du Finistère se vit depuis le mois d’avril comme un havre de paix pour les personnes LGBT+. Une initiative symbolique en forme de réponse à l’homophobie d’État… en Pologne. Explications.

C’est une décision en forme de "réponse" symbolique, mais elle est lourde de sens, particulièrement dans une Europe qui souvent se déchire autour des questions de mœurs, notamment au sujet des grands problèmes sociétaux de notre temps. Pour contrer, en forme de pied de nez, le climat homophobe régnant en Pologne, dont on sait que certaines communes dirigées par des politiques d’extrême droite ont instauré depuis quelques années des "zones sans LGBT+", l’agglomération bretonne s’est autoproclamée "zone de liberté pour les personnes LGBTQI+" (Lesbiennes, Gays, Bisexuels, Transgenres, Queer et Intersexes… ).

Boostés par l’arrivée au pouvoir en 2015 de l’ultraconservateur Andrzej Duda (du parti Droit et Justice, acronyme PiS), certains législateurs polonais se sentent en effet pousser des ailes et tentent d’écraser un par un les quelques droits obtenus patiemment par la communauté. Plusieurs conseils municipaux ont ainsi mis en place des chartes pour discriminer ouvertement, avec comme excuse un combat à mort contre la "propagande", que les LGBT+ seraient censés propager.

"Zones de liberté" versus "zones sans idéologie"

Dans les faits, le simple fait de se montrer en public ou de faire son coming out en Pologne est considéré dans ces zones comme de la propagande. En visite officielle en Pologne au mois de mars, le secrétaire d’État chargé des affaires européennes, Clément Beaune, lui-même ouvertement homosexuel, s’était d’ailleurs vu refuser l’accès à une de ces absurdes aires "libres d’idéologie LGBT". Ce à quoi l’Union européenne avait réagi, en se proclamant symboliquement "zone de liberté" pour les personnes issues de ces communautés.

La municipalité de Quimper, chef-lieu du département du Finistère, a voulu prendre à la lettre cette décision forte de l’UE (portée en partie par le député européen et conseiller régional de Bretagne, Pierre Karleskind), en entérinant début avril, via un vote au conseil municipal, le fait que la ville devienne, elle aussi, une "zone de liberté". Karim Ghachem, conseiller régional, et Annaïg Le Meur, députée, ont imaginé cette proposition, principalement dans le but de dénoncer l’absence de valeur légale des zones polonaises, où les associations locales rapportent qu’elles servent surtout à "créer une ambiance homophobe, appuyée par le pouvoir en place".

Regagner du terrain face à l’homophobie

"Les villes sont nos lieux de vie, où l'on doit se sentir en sécurité. Même si la décision de Quimper est symbolique, elle montre que nous nous engageons contre les discriminations", a alors déclaré auprès de France 3 Bretagne Karim Ghachem, lui-même gay. Des formations adressées aux agents de la commune, notamment pour être à même de soutenir des personnes victimes d’agressions homophobes, viendront joindre l’action et le concret à la parole et au symbole.

Bien sûr, les associations LGBT+ locales prennent part à cette initiative, même si, pour le moment, elles ne se font pas d’illusions sur le caractère cosmétique de la décision considérée comme un coup de pub médiatique permettant d’offrir un contrepoint idéologique à l’homophobie d’État en Pologne. Dans les mois qui viennent, d’autres villes françaises, inspirées par l’idée, devraient cependant suivre.

Dans le reste de l’Europe, la capitale portugaise, Lisbonne, a déjà voté pour soutenir l’initiative de l’UE. Afin de regagner petit à petit du terrain face à l’homophobie.

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