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En Afghanistan, ces poétesses se réunissent secrètement pour lutter contre l'oppression

Connaissez vous les landays ? Ces poèmes sous formes de distiques de 22 syllabes sont la forme artistique d’un esprit bien réel de liberté chez les femmes en Afghanistan, qui en font une forme de résistance au régime extrémiste des talibans.

Récités au cours de réunions secrètes interdites (et encore plus sous le régime taliban), ces poèmes sont composés par des femmes qui ne peuvent se résigner à accepter leur sort. Souvent analphabètes, ces femmes se partagent leurs poèmes l’une à l’autre, et font ainsi survivre une tradition de la littérature afghane. Parfois drôles, parfois tragiques, parfois très imagés, parfois très concrets, les landays traitent des réalités de la vie particulièrement injuste vécue par ces femmes. Ces poèmes n’appartiennent à personne, ils survivent grâce à la transmission d’une femme à une autre. En réalité, les landays appartiennent à toutes les femmes afghanes qui le souhaitent.

« Ma fille, en Amérique la rivière doit être tarie. Les jeunes filles apprennent à remplir leurs cruches sur Internet. »

La transmission est problématique pour ces femmes qui n’ont le droit ni de se réunir, ni de composer ces poèmes. La musique, étant interdite par le régime taliban, elles ne peuvent donc même pas se chanter l’une à l’autre, accompagnée de tambours, comme le voudrait la tradition. Aujourd’hui, le landay a évolué : certains vers très connus en Afghanistan sont remixés, tels des punchlines de rappeurs, afin de toujours correspondre à la réalité de ces femmes. Il est également possible de voir circuler certains de ces vers sur les réseaux sociaux.

« Viens, laissons ces idiots du village et épousons des hommes de Kaboul avec des coupes de cheveux Bollywood. »

Vous pouvez notamment retrouvez certains de ces vers au sein du recueil "I Am the Beggar of the World" d’Eliza Griswold; une Américaine qui, après avoir découvert cet art, s’est rendue en Afghanistan pendant deux années.

« Dans mon rêve je suis le président. Quand je m’éveille je suis la mendiante du monde. »

Ce landay, qui a donné son titre au recueil d’Eliza Griswold, montre à quel point ces femmes afghanes sont conscientes de leur condition. Elles savent quelle vie elles auraient pu avoir si elles n’étaient pas nées en tant que femme, ou si elles étaient nées ailleurs. Nul doute que le retrait des troupes internationales laissant libre court au régime taliban n'échappera pas à la plume des poétesses. 

Nous vous conseillons réellement de mettre la main sur ce recueil qui contient des centaines et des centaines d’expériences, de parcours de vie, de désirs de liberté, condensés en 2 vers.

« Mon amant est beau comme un soldat américain. Pour lui, j'avais l'air taliban, alors il m'a martyrisé. »

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