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Cette société milite pour des jours de congés à la mort de votre chien

Pouvoir souffler après le départ de votre animal de compagnie ? Le débat est déjà ouvert en Angleterre, où l'entreprise Itch souligne qu'on est moins productif pendant un deuil. Alors, pourquoi pas nous ?

Inconsolable. Quand Wendy apprend que son Labrador, Zac, est atteint d’un terrible cancer de la colonne vertébrale, elle et son mari acceptent à contrecœur d’abréger ses souffrances. Il ne pouvait plus marcher et les médicaments ne faisaient pas effet raconte The Independant. Mais elle ne s’en remet pas. « Au bout de 12 ans, ne pas le voir venir à la porte en rentrant à la maison m’a brisé le cœur ». Cette perte est un choc pour le couple qui le compare à la perte d’un enfant. Une expression qui n’est pas du goût de tout le monde chez leurs proches mais qui a convaincu son employeur : Wendy a pu prendre deux semaines de congés (sans solde) pour faire le deuil de son chien.

Aujourd’hui, c’est le genre d’actu qu'on classe dans la rubrique "Insolite" ; mais demain cela pourrait être votre quotidien. Car la peine qu’a vécue cette Britannique est assez répandue, à en croire un sondage mené par Itch.

Être pris au sérieux. Cette marque de produits de soin et d’entretien pour animaux de compagnie a interrogé ses clients sur leur lien avec leur chien, chat, rongeur etc. Trois quarts des interrogés estiment que leur animal est « un digne membre de la famille », et 58 % considèrent son décès aussi douloureux que celui d’un humain. Pourtant, à la mort de leur dernier chien ou chat, 45 % des sondés n’ont rien dit à leur employeur. Une gêne qui hélas s’explique facilement : 10 % de ceux qui ont mentionné leur peine à leur supérieur ont dû faire face aux moqueries du patron. Dur dur…

Comment une personne en souffrance pourrait rester efficace au travail ? C’est pour résoudre ce trouble et changer la norme du mépris qu’Itch réclame une loi claire qui accorde des congés payées pour le deuil d’un animal de compagnie. La société propose même sur son site une brochure de conseils aux entrepreneurs pour gérer ce phénomène chez leurs employés. Un appel que certains entrepreneurs ont déjà entendu.

Congé de papatte...rnité

En Angleterre, la société BitSol Solution a instauré une semaine de congés payés aux employés qui ont des animaux, simplement pour pouvoir s’en occuper. Ce qu’ils appellent la «parentalité d'animaux de compagnie » ou « congé de papatternité » (« Pawternity » dans la langue du Dr Doolittle). Aux États-Unis aussi, plusieurs entreprises ont déjà fait preuve de compassion depuis 2016 en accordant des jours après la perte d’un chien ou un chat. En 2018, la société mParticle à New-York a même fait parler d’elle en offrant un congé payé les premiers jours après l’adoption d’un animal, tandis qu’à Minneapolis l’agence de marketing Nina Hale passe automatiquement ses employés en télétravail dans ce cas-ci.

On trouve aussi des exemples au Japon et plusieurs multinationales propose le télétravail à ceux qui doivent s'occuper de leurs animaux plutôt que de les amener au bureau. Alors, vous trouvez toujours l’idée saugrenue ?

Animal, on est mal. En France, que dit la loi ? Pas grand-chose. Concernant vos droits à la mort d’un animal, le site du gouvernement n’évoque que... l’obligation de le faire incinérer par un crématorium officiel et l’amende de 3 750 € que risquent les contrevenants. Côté congé, la loi précise que chacun doit être préalablement demandé et validé par votre employeur. Dans le cas contraire, l’absence injustifiée peut être assimilée à un abandon de poste, vous faisant encourir une sanction voire un licenciement.

Puisqu'il faut demander, le motif du deuil peut-il être recevable ? Probablement : tout se joue entre vous et votre employeur, or il est possible de demander un congé pour un rendez-vous médical et pour la perte d’un parent. Simplement pas pour un animal dont vous êtes le propriétaire. Enfin, pas encore.

chat teletravail

En janvier dernier, la Fondation 30 Millions d’Amis a mené un sondage révélant qu’un tiers des Français seulement jugeait que le gouvernement considérait à sa juste valeur la protection des animaux. Après avoir réclamé la fin de la chasse à courre (77%), de la chasse dominicale (77%) et de la vente en animalerie (61%), nos compatriotes sont 84 % à réclamer un « permis de détention » pour posséder un animal et l’interdiction. Des revendications déjà entendues en Angleterre où la vente d’animaux en animalerie a finalement été rendue illégale en 2020. Si l’hexagone suit cette voie, et si Itch continue de médiatiser chaque fois qu’un Anglais se met en congé suite au décès de son toutou, il y a fort à parier qu’un projet de loi en ce sens sera déposé devant nos députés.

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