

A 12 ans, elle devient millionnaire grâce à ses peintures féministes
Grâce à la technologie des NFT, Nyla Hayes a vendu aux enchères 3300 œuvres inspirantes et féministes en déjouant tous les pronostics des commissaires priseurs. Un modèle à suivre ?
2022 M02 10
Qu’ont en commun Beyoncé, Coco Chanel, Frida Kahlo et Madonna ? Ce sont toutes des femmes fortes, indépendantes et influentes qui ont pris leur vie en main et construit leur succès. C’est pour cela que Nyla Hayes les a choisies en exemple.
Vous ne connaissez peut être pas cette jeune artiste américaine de 12 ans à peine, mais vous avez sans doute déjà vu ses œuvres sur internet. En particulier la série des Long Neckie Ladies, des peintures de femmes dotées d’un très long cou rappelant les brontosaures.
Faut-il préciser que Nyla adore les dinosaures ? Elle trouve que ces créatures puissantes évoquent immanquablement une grande force physique à laquelle le long cou des brontosaures ajoute une pointe d’élégance. La force et la grâce... « Pour moi, confiait-elle, les femmes sont comme eux, alors je me suis dit que j’allais mettre les deux ensemble. »
Women of the year
Chacune de ses illustrations a été réalisée depuis des applis de dessin, sur smartphone ou tablette. Elles sont de forme carré avec un fond uni ou dégradé et une cartouche rouge autour à la manière des couvertures de Time Magazine. Rien d'étonnant, puisque Nyla s’est justement inspirée de leurs numéros « Women of the year ».
Et quelles femmes : parmi les 100 qu’elle a reproduites, on trouve les chanteuses Beyoncé, Billie Holiday et les Pussy Riot, mais aussi Michelle Obama, les cheffes d’Etat Golda Meir et Indira Gandhi, la mathématicienne Emmy Noether, l’aviatrice Amelia Earhart, la couturière Coco Chanel ou Lady Diana… Des personnalités très différentes, mais réunies par leur féminité. « Mes Long Neckies représentent la diversité des femmes du monde entier » clame l'artiste sur son site.
See all 100 Women of the Year covers #womenoftheyear https://t.co/Xiko582T5B pic.twitter.com/90Ame4Ipkv
— TIME (@TIME) March 8, 2020
Ce qui l’a convaincu de rendre hommage à toutes ces icônes, c’est d’avoir vu en couverture du magazine Frida Kahlo, son artiste préférée. Nyla dessinait déjà des long neckies depuis 4 ans, souvent en s’inspirant de femmes sur Pinterest ; avec la série du Time, elle a réalisé pas moins de 1000 portraits numériques de plus. C’est quand il fallu les vendre que sa vie a basculé.
Les NFT, un nouveau marché pour l’art
Sa famille l’incitait à suivre sa vocation mais, à 12 ans, il est difficile d’exposer en galerie. Son oncle lui suggéra alors de s’intéresser aux NFT. Aux quoi ? Les NFT (non-fungible token ou « jeton non fongible »), un code unique généré par ordinateur, une sorte de certificat d’authenticité numérique permettant de vendre des fichiers informatiques sans léser l’artiste.
Pour comprendre leur fonctionnement, il faut assimiler qu’un NFT peut être vendu, mais pas échangé ; impossible donc de le perdre, ou de s’en servir comme monnaie. Ses transactions sont tracées ; on sait donc toujours qui l’a payé et si une copie (à l’image d’une réimpression ou réédition dans le monde physique) en a été faite.
« La blockchain m’offre une protection » résume Nyla Hayes, désormais experte en la matière. Ajoutez enfin que les ventes se font en cryptomonnaies – elles aussi traçables – et voilà comment elles bénéficient aux artistes en priorité. A titre d'exemple, le jeune Indonésien Sultan Gustaf Al Ghozali a vendu des selfies convertis en NFT à 0,00001 Ethereum chacun (ou ETH, la 2e cryptomonnaie la plus répandue au monde), l'équivalant d'à peine 2,5 centimes d'euro. Ses autoportraits se revendent aujourd'hui 9000 euros pièce...
Le million, le million
Le 17 novembre dernier, Time a organisé une vente aux enchères en ligne de la collection de Nyla Hayes. En tout, 3300 œuvres étaient vendues à 0,125 ETH pièce, soit 320 € pièce. Ce fut la razzia : la totalité de ses créations se sont vendues rapportant à Nyla l’équivalent de... 5 millions d’euros.
Mais ce qui compte le plus pour Miss Hayes est la portée de ses œuvres. Au-delà de l’argent, la vente a permis une diffusion et une visibilité des Long Neckies initialement pensés pour « mettre les gens à l’aise dans leur peau » et permettre « aux jeunes filles de se sentir fortes ». Nyla est également devenue la première artiste « en résidence » numérique de Time Magazine, et leur collaboration devrait donc continuer. Comme le mouvement d'émancipation des femmes, sa carrière est belle et bien lancée.
Also less than 10 🦕till a 1eth floor for that trait 🥰 https://t.co/vpTur7AcDB
— Nyla Hayes 🦕👑 (@NylaCollection) February 8, 2022