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Ces scientifiques français ont mis au point des cépages pour supprimer l’usage des pesticides

Après 40 années de recherche, les scientifiques de l'INRAE, l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, viennent de mettre au point quatre nouveaux cépages. Ils sont dotés de résistances naturelles aux principales maladies fongiques de la vigne, ce qui permet aux viticulteurs de ne plus les traiter avec des fongicides.

C’est le cauchemar de bon nombre de viticulteurs. Chaque printemps, lorsque les feuilles et les fleurs commencent à pointer le bout de leur nez dans les vignes, les premiers foyers d’attaques de mildiou et d’oïdium commencent à surgir. Ces deux maladies fongiques, les plus courantes et les plus dévastatrices pour la vigne, sont difficiles à contenir une fois installées.

Les viticulteurs n’ont alors pas d’autre solution que de traiter leurs parcelles à intervalles répétés avec des produits à base de cuivre et de soufre ou des pesticides de synthèse. Ces traitements – en moyenne 16 par an – représentent 80 % des interventions phytosanitaires sur la vigne. Et écologiquement, c’est évidemment une catastrophe.

40 années de recherche

Les chercheurs de l'INRAE, l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, travaillent depuis près de quarante ans pour tenter de s’affranchir de ces maladies. Et au mois de mai, ils ont annoncé qu’ils avaient enfin réussi à créer des cépages résistants à ces maladies à partir de croisements naturels.

Et si ces recherches se sont étalées sur quatre décennies, c’est parce que les chercheurs français ont d’abord effectué un travail de fourmis en identifiant les sources de résistances dans les collections de ressources génétiques. Ils ont ensuite testé des croisements et ont sélectionné les meilleurs pour les intégrer et les assembler dans des cépages qui conviennent à nos conditions de culture et aux goûts des consommateurs. Ils les ont ensuite mis en culture pendant plusieurs années pour s’assurer qu’ils tiennent leurs promesses avec une durabilité de ces résistances dans le temps et l’adaptation à la typicité régionale.

La mise au point de ces innovations s’est effectuée en partenariat avec l’Institut technique français de la vigne et du vin et avec l’interprofession, ce qui a été une condition essentielle pour la réussite de ce projet scientifique. Car le choix d’implantation d’un nouveau cépage est une opération très engageante pour un viticulteur : une vigne est généralement plantée pour 30 à 40 ans et la restructuration d’un vignoble est donc un choix très engageant et impactant.

Des résultats spectaculaires

Quatre cépages de vigne dotés de résistances naturelles au mildiou et à l’oïdium et dont la qualité des vins est d’un niveau équivalent à celle des cépages traditionnels sont aujourd’hui disponibles . Il aura fallu 14 000 plantules issues de croisements naturels qui ont permis de sélectionner 700 plants pour leur résistance et autres caractères d’intérêt avant d’aboutir à ces 4 variétés. Les 43 viticulteurs qui se sont portés volontaires pour tester ces nouvelles variétés résistantes aux maladies ont réduit de 96 % l’usage des fongicides.

Grâce à l’Artaban, au Floreal, au Vidoc et au Voltis, les doux noms de ces cépages plein d’avenir, qui présentent des caractéristiques organoleptiques similaires aux cépages traditionnels comme le Gamay, le Grenache et le Chardonnay, l’utilisation des intrants de synthèse pourrait être totalement éradiquée. Qu’on se le dise : il sera donc bientôt de très mauvais goût écologique de commander au zinc un petit verre de Chardonnay ou de Sauvignon.

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