

Et si on vous donnait 1000€ contre votre place de parking, le feriez-vous ?
C'est une idée étrange qui a été testée aux États-Unis, en Californie, où il a été proposé aux employés une somme de 1 000$ pour qu'ils n'utilisent plus leur place de parking au travail. Résultat ? La mesure a permis de réduire de 13% le trafic automobile dans cet État américain.
2022 M07 22
Les États-Unis auraient-ils trouvé un moyen efficace de réduire l’utilisation de la voiture ? C’est du moins ce dont sont convaincus Donald Shoup, professeur à l’université de Californie et Don Pickrell, Chief economist au Volpe Center, qui souhaitent généraliser à tous les USA une pratique testée en Californie depuis plusieurs années : compenser financièrement les employés qui n’utilisent pas leur place de parking au travail.
L’idée de ce système repose sur un constat : les employés qui disposent d’une place de parking au travail possèdent un avantage sur les autres. Il est donc “logique”, ou en tout cas “équitable” de compenser cet avantage. C’est ce qu’on appelle le “Parking Cash Out”.
Mis en place dès 1992 en Californie, ce système exige des entreprises mettant à disposition de leurs salariés des places de parking gratuites qu’elles versent une compensation de 1 000$ aux employés ne les utilisant pas. Un système qui a eu des effets extrêmement positifs sur la mobilité dans cet État.

Davantage de covoiturage et de mobilités douces
En 1997, 5 ans après la mise en œuvre du “Parking Cash Out”, la Californie a conduit une étude dans plusieurs entreprises compensant les places de stationnements non utilisées. Et leurs résultats sont hyper intéressants.
Ainsi, la part de salariés se rendant au travail à pied ou à vélo avait augmenté de 39% en 5 ans. Mais les impacts sur les conducteurs étaient tout aussi intéressants puisque le covoiturage avait augmenté en parallèle de plus de 60% dans l’entreprise. De manière globale, le trafic a baissé de presque 13% dans l’État grâce à cette mesure.
Des chiffres énormes pour une mesure qui est pourtant toute simple à mettre en œuvre, même si elle représente forcément un coût pour l’entreprise. Mais ce qu’elle prouve avant tout, c’est qu’une grande majorité des salariés d’une entreprise sont capables de se mettre aux mobilités douces ou au covoiturage dès lors qu’ils n’ont plus accès à une place de parking.
Une réflexion qui est d’ailleurs au coeur des politiques d’urbanisme des villes françaises en matière de partage de la chaussée, où l’heure est à la réduction des places de parking

Supprimer les places de parking pour réduire la place de l’automobile
À la suite de la réélection d’Anne Hidalgo, la mairie de Paris a par exemple entériné son souhait de supprimer la moitié des places de stationnement en surface d'ici six ans. Une logique qui fait écho à des modèles qu’on retrouve dans d’autres villes européennes.
L’une des plus emblématiques étant Pontevedra, cette ville espagnole qui a réussi à bannir l’automobile de son centre-ville en quelques années grâce à une série de mesures, dont celle qui consiste à supprimer les places de parking en voirie. Même chose à Stockholm, par exemple, qui est l’une des villes les plus vertes d’Europe.
En même temps, une étude réalisée en 2017 a démontré qu’en moyenne, 25% du trafic automobile en ville est lié à des automobilistes à la recherche… d’une place de stationnement. Et plus on fait de places, plus il y a d’automobilistes qui viennent. À l’inverse, les exemples suédois et espagnols - ainsi que celui de la Californie - prouvent désormais que lorsqu’on enlève les places de stationnement, les automobiles sont remplacées par des vélos ou l’usage des transports en commun.