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L’écologie numérique ou comment traiter la pollution numérique

Bienvenue dans l’ère de l’écologie digitale ! L’ambition de Digital For The Planet, c’est d’éradiquer la pollution numérique. Créée en 2017 par Inès Leonarduzzi, cette ONG définit la notion comme l’ensemble des effets négatifs des technologies numériques sur le plan environnemental et humain. Les dégâts seraient nombreux mais pas de panique, cette pollution comme toutes les autres peut se traiter avec de bons outils, une bonne méthodologie, de la détermination… et de la patience.

Plus de 4,5 milliards d’utilisateurs d’Internet recensés dans le monde en 2020. Ils passent en moyenne 6h46 en ligne par jour. Parmi eux, 3,8 milliards sont des aficionados des réseaux sociaux. Ils échangent avec leurs amis sur les plateformes comme Facebook, YouTube et Whatsapp aussi bien des messages que des photos ou des vidéos au rythme journalier moyen de 2h24. Le reste des chiffres du numérique donne le vertige et les dommages collatéraux sont immenses, selon Digital For The Planet. Ils révèlent 3 types de pollution numérique : environnementale, intellectuelle et sociétale.

L’ONG entend s’y attaquer sans concession. « Il n’est pas question de dénigrer la technologie digitale mais de remettre le numérique au service des gens et pas le contraire. Le numérique désincarné affecte au quotidien la planète, nos capacités cognitives et certaines fondations de notre société, comme le vivre-ensemble » explique Inès Léonarduzzi, sa fondatrice.

Verdir les infrastructures numériques

Concrètement, Digital For The Planet entend convertir le monde entier à l’écologie numérique - une inspiration française, selon elle - grâce à des lois et des nouvelles procédures, des changements de mentalité dans les entreprises et de l’accompagnement des enfants et de leurs familles. Au niveau environnemental, Inès Léonarduzzi donne le principe : « Il s’agit de verdir les infrastructures numériques. On travaille avec les entreprises et les institutions à la réduction de l’empreinte carbone des datas centers, des réseaux, des postes de travail. Microsoft, par exemple, envisage d’immerger ses datas centers dans de l’huile pour les refroidir. »

« 20% de la population française ne sait pas faire des démarches sur Internet »

Pour sensibiliser à la pollution intellectuelle, l’ONG organise des conférences aussi bien dans les entreprises que dans les crèches. « L’addiction aux réseaux sociaux ou la lumière bleue ont un impact reconnu sur notre santé et nos facultés cognitives. Et paradoxalement, l’illectronisme touche 20% de la population française qui ne sait pas remplir sa fiche d’imposition en ligne ou faire des démarches sur internet, faire une recherche d’emploi ou envoyer un mail avec une pièce jointe » s’insurge la directrice de Digital For The Planet.

L’autre fléau, synonyme de pollution intellectuelle, c’est l’hyperconnectivité, selon elle. « On nous incite à être multicanaux : avoir Whatsapp, Slack, Signal, les mails et à répondre de manière synchrone. On rentre chez soi le soir après le travail avec l’impression de n’avoir répondu qu’à des mails et de n’avoir rien fait de constructif ». Pour soigner cette fâcheuse tendance, Digital For The Planet travaille sur les outils RH des entreprises avec des formations pour veiller à une connexion vertueuse avec un droit à la déconnexion.

Le droit à la vie privée pour tous

Quant à la pollution sociétale - à l’image des particules fines - ses conséquences seraient insidieuses. « Notre pensée exacerbée par le j’aime, j’aime pas devient binaire. Les réseaux sociaux attisent aussi le rejet de la différence, la haine de l’autre et effacent la notion de vie privée », selon Inès Léonarduzzi. « Le numérique désincarnée impacte notre rapport à nos données et nous sommes confrontés à un phénomène de reprogrammation sociale ».

De quoi faire froid dans le dos ! Alors pour contrecarrer la tendance, Digital For The Planet enseigne dans les structures associatives et les écoles, le droit à la vie privée et le droit à ne pas avoir d’identité numérique quand on est enfant.

Le RUD, le revenu universel par la donnée

Enfin, l’énorme chantier de l’ONG sur les 4 prochaines années concerne le RUD, le revenu universel par la donnée, une idée novatrice. « Aujourd’hui, nos données constituent une très large part du modèle économique des big techs. Elles sont collectées, vendues et utilisées à des fins de ciblage commercial. Comme elles créent de la richesse, il serait normal qu’on en récolte une part » avance la jeune patronne.
Les GAFA ont peut-être du souci à se faire. Parfois, les utopies deviennent réalité.

Dans son livre « Réparer le futur » qui vient de sortir, Inès Léonarduzzi a consigné ses quatre années d'actions avec Digital For The Planet à travers le monde. Elle réconcilie nos usages de la technologie et notre sensibilité citoyenne pour nous faire entrer avec enthousiasme dans l'ère du numérique résilient, dixit son éditeur.

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