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C’est prouvé : les hommes polluent beaucoup plus que les femmes

Dans leur consommation, les achats des hommes émettent 16 % de carbone de plus que ceux des femmes. La faute aux transports et aux voyages majoritairement.

Dis moi ce que tu achètes, je te dirais qui tu es. C’est en résumé l’idée qui a guidé les chercheurs d’Ecoloop qui ont épluché les tickets de caisses d’hommes et de femmes pour voir s’il existait une différence notable dans les choix faits en matière de consommation. Leur conclusion ? Les hommes ont en moyenne un train de vie 16 % plus polluant que les femmes. Et ils ne le doivent qu’à leurs propres choix.

Globalement, la consommation masculine est responsable du rejet annuel de 10 tonnes de gaz à effet de serre (GES) contre « seulement » 8,4 tonnes pour les femmes. Vous pensiez déjà au cliché « une entrecôte pour lui, une salade pour elle »? C’est un poil plus compliqué que ça.

Les Suédois d’Ecoloop ont conçu un logiciel pour recouper toutes ces dépenses avec les émissions de gaz à effet de serre connues de plus de 200 produits et services de consommation courants. Dans le détail (consultable sur cette infographie) les dépenses des hommes en matière de tourisme, de transport (notamment de carburant) et de loisirs sont plus polluantes que celles des dames. A leur tour, celles-ci ont opté pour une alimentation, des habits et un ameublement plus lourde en carbone que les messieurs.

Égalité, la balle au centre ? Pas vraiment, non : si les voyages comptent pour un tiers des émissions des deux genres, ceux des hommes sont bien au-delà. Plus enclins à réserver des billets d’avion que des vacances à la maison ou en train, ils émettent plus de 3,2 tonnes de GES, quand les dames se limitent à 2,5 tonnes...

Pourquoi mener cette étude ?

Annika Carlsson Kanyama, qui a conduit ces travaux, en est certaine, on ne peut pas « stimuler une transition vers une consommation durable » sans modifier les comportements en matière d'alimentation, de vacances et d'ameublement. Or aucune incitation ne fonctionnera si la moitié des individus n’y est pas sensible.

Nos scientifiques suédois se sont concentrés sur l'étude de célibataires pour écarter les besoins propres aux couples et aux enfants. Ils n’ont pas non plus pris en compte les dépenses professionnelles afin de gommer l’impact des métiers genrés. Ainsi, même en enlevant les chauffeurs, majoritairement masculins, la consommation d’essence est plus importante chez les hommes ; les femmes préférant les transports en commun.

Changer ceux qui polluent plutôt que forcer tout le monde

On savait déjà que l’empreinte carbone des ménages était très liée à leurs revenus. Ainsi l’alimentation représente la principale part de l'empreinte carbone des ménages à faibles revenus (en particulier la viande, les produits transformés et plats cuisinés), alors que chez les ménages plus aisés ce sont les vacances qui pèsent. On voit ici que les choix opérés par les hommes pèsent plus lourd dans le climat que ceux des femmes – et il est possible que ce soit vrai aussi au sein des couples, ou des entreprises dans lesquels ils ont plus souvent un rôle de décideur.

Comme le déclare la Dr. Carlsson Kanyama, « Il y a de très nettes différences [entre les consommations des hommes et des femmes] et elles ne sont pas prêtes de disparaître dans un avenir proche. » Puisqu'en règle générale, les chercheurs admettent qu’une hausse d’1 % des dépenses résulte en une hausse d'1 % d’émissions supplémentaires, on peut espérer réduire d'autant en freinant nos excès.

En troquant la viande et les produits laitiers contre des substituts alimentaires à base de légumes ou céréales, en privilégiant le train et le bus, les émissions pourraient rapidement chuter de 40 %. En un mot comme en cent : messieurs, il va falloir prendre exemple sur la gente féminine.

Crédit photo de droite en Une : Mr.TinDC.

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