éolienne Eolie

Peut-on installer une éolienne chez soi ? (Réponse : oui et voici comment)

Si vous possédez un jardin, une éolienne domestique est une bonne façon de réduire une part de vos factures d’électricité et éviter les pénurie. Loi, dimension, budget… on vous donne les clés pour prendre votre envol.
  • On parle d’éoliennes "domestiques" pour des génératrices de moins de 36 kW même si le plus souvent vous n’aurez pas besoin d'autant de puissance. Installée dans une cour ou un jardin, l’une d’elles vous permettra d’autoconsommer ou réinjecter l’électricité produite dans le réseau en la revendant. Avant cela, il va falloir s’intéresser aux modèles, à la législation et au budget.

    Quelle type d’éolienne ? 

    Premier point à trancher, il vous faudra choisir entre une éolienne à axe vertical ou horizontal. La première prend peu de place puisqu’elle n’a pas forcément de longues pales et coûte moins cher mais sa productivité dépend plus du vent ; elle est donc moins performante en comparaison. Peu bruyante et compacte, elle conviendra mieux à une implantation urbaine ou péri-urbaine.

    éolien domestique (c) Diwatt

    L’éolienne horizontale est plus productive pour peu que le vent soit régulier, sans turbulence. Un large choix est proposé ce qui fait qu’elle est moins coûteuse. Elle nécessite toutefois un peu plus d’espace pour fonctionner et peut se révéler bruyante ; elle ira donc mieux sur un terrain large et/ou dégagé.

    Faut-il déclarer votre éolienne ?

    Du côté de la loi, la différence ne se fait pas sur le modèle mais sur sa hauteur. Avant d’installer une éolienne dépassant 12 mètres de haut, une demande de permis de construire est obligatoire. C’est la distance entre le sol et le sommet du mât qui compte, et non celle des pales puisque toutes n’en possèdent pas. Le code de l’urbanisme précise que toute manquement sera puni d’une amende de 12 000 €.

    Pour les éoliennes moins hautes, aucune autorisation n’est nécessaire. Consultez tout de même le Plan Local d'Urbanisme (PLU) de votre commune car un décret municipal peut avoir ses propres restrictions, notamment en raison du patrimoine.

    En effet, si vous habitez à proximité d’un site classé (monument, site patrimonial…), une déclaration sera obligatoire, peu importe la taille. De même, il est interdit d’installer ces équipements sur le toit d’un immeuble et dans les 500 mètres de diamètre des zones classées.

    Enfin, même en ayant le droit d’installer sur votre terrain, il est conseillé de faire connaître votre projet à vos voisins et de recueillir leur accord. Celui-ci n’est pas indispensable mais pourrait éviter de longs recours juridiques en cas de (fréquentes) nuisances sonores et/ou visuelles.

    Est-ce rentable ?

    Les éoliennes domestiques sont nombreuses et variées, ne serait-ce qu’en terme de puissance (on passe de 400 W à 20 kW…) donc tous les prix sont possibles. On peut citer les marques françaises Diwatt, Éolie, Nheolis ou le leader mondial américain Southwest Windpower. Les installateurs évoquent souvent une enveloppe de 10 000 € par kilowatt, installation comprise. Il faudra ajouter le coût de raccordement à Enedis.

    Au bout du compte, le calcul de rentabilité est complexe et dépendra de la quantité d’énergie générée. Revendue elle peut vous apporter 0,082€/kWh, tandis que consommée, elle vous évite de dépenser au moins 0,15 €/kWh. Regardez votre consommation et faites le calcul.

    Mais rappelez-vous qu’il n’est pas nécessaire de viser l’autosuffisance ; toute énergie autoconsommée vous déleste déjà. L’Ademe estime même qu’en moyenne, ces éoliennes individuelles produisent aisément 20 % de l’électricité annuelle d’une famille 4 personnes et peuvent monter à 50 % dans certaines régions. Ces équipements sont avantageux dans la durée et une éolienne est généralement amortie en 8-10 ans. Une décennie pour être un peu plus écolo et un peu moins dépendant. C'est tout bénef.

    Crédit photos : Une : Eolie (c) ; corps de texte : Diwatt (c)

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