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La ferme BIGH à Anderlecht.

BIGH : en Belgique, la plus grande ferme urbaine aquaponique d’Europe voit les choses en grand

L’ONU a récemment dressé 17 objectifs de développement durable, couvrant des domaines très variés. Chaque semaine, nous nous attardons sur l'un d’eux et tâchons, grâce à l'ambassadeur Energy Observer, de mettre en lumière des solutions originales.

Premier ambassadeur français des objectifs de développement durable, Energy Observer sensibilise aux solutions innovantes avec son projet Solutions. Cette semaine, place au projet belge BIGH, ferme urbaine aquaponique qui semble avoir trouvé un modèle parfait, à la fois local et reproductible.

« Aujourd’hui, on pourrait croire que l’agriculture urbaine est une mode. C’est en fait une nécessité. » L’homme qui s’exprime est Steven Beckers, un architecte belge qui a laissé de côté ses plans pour se consacrer en 2018 à la création de la ferme BIGH, actuellement la plus grande ferme aquaponique d’Europe, « voire du monde », souligne-t-il. Surnommée "la ferme abattoir" à cause de son emplacement sur le toit du marché du même nom à Bruxelles (également connu sous le nom de Foodmet), ce premier site entièrement bio d’une surface de 4000m2 s’est installé à Anderlecht, l’une des communes de la capitale belge.

Petit rappel utile : l’aquaponie combine la culture hydrologique (les plants sont alimentés en nutriments par l’eau) et le concept de pisciculture, dans une boucle fermée et vertueuse. Un filtre biologique purifie l’eau des poissons tout en laissant des micro-organismes transformer l’ammoniaque présent dans leurs déjections en nitrite, puis en nitrate, directement absorbé par les racines.

Quid des projets français ?

Si de telles solutions émergent aussi en France (avec notamment Agripolis, projet ralenti en ce moment par le Covid, mais qui ambitionnait de développer cette année 14 000m2 sur le toit du Parc des Expositions de la porte de Versailles), il n’existe pour le moment qu’une douzaine de fermes aquaponiques dans l’Hexagone. Des fermes de tailles plus modestes (et pas forcément "en toiture") existent en effet, à l’image des Sourciers dans le Gers, qui visent également à former de potentiels futurs fermiers intéressés par leur programme.

Toujours dans le Gers, la synergie de plusieurs ingénieurs agronomes a donné naissance à l’ambitieux projet Eauzons!, ferme-pilote de 2000m2 qui rêve d’exporter son modèle partout. Notons aussi Carpe et Capucine dans la Drôme, ou encore Nutreets en Loire-Atlantique. D’autres, pourtant prometteuses, n’ont pas survécu : à l’image de la start-up toulousaine Citizen Farm, qui après être devenue la plus grande installation aquaponique de France en s’étendant jusqu’à Paris (elle avait installé fin 2017 une immense antenne à La Recyclerie), a dû fermer ses portes.

« Le circuit fermé des poissons consomme des centaines de fois moins d’eau que l’aquaculture ouverte (Steven Beckers). »

Les produits cultivés à la ferme BIGH de Bruxelles.

Des aquacultures généralement très polluantes

En Belgique, la ferme BIGH fait désormais partie des grands de l’aquaponie, au cœur d’un marché qui vaudra près de 18 milliards de dollars d’ici 2027. C’est pourquoi le marathon de solutions de l’équipage du navire Energy Observer, en partenariat avec le programme Objectifs de Développement Durable de l’ONU, s’est intéressé au bébé de Steven Beckers. Ce dernier est tout simplement devenu l’un des principaux défenseurs de l’économie circulaire en Belgique.

« La chaleur émise par les frigos du Foodmet est récupérée grâce à un système de pompe pour chauffer les serres. La consommation électrique est en grande partie assurée par les panneaux photovoltaïques, explique Energy Observer. Les plantes sont irriguées en circuit fermé avec de l’eau provenant des bassins où sont élevés des poissons. Enfin, la pollinisation des plantes est assurée par des ruches de bourdons. » Un cycle complet, auquel on peut assister en visitant la ferme, sur réservation.

« Le circuit fermé des poissons consomme des centaines de fois moins d’eau que l’aquaculture ouverte. Car il faut rappeler que plus de 50% des poissons consommés dans le monde par l’être humain sont élevés en aquaculture, qui sont très polluantes », assure Steven Beckers. L’énergie perdue par le bâtiment est utilisée, l’eau de pluie recyclée et l’énergie renouvelable solaire exploitée.

L'équipe BIGH en 2020.

Un modèle d'économie circulaire exportable dans le monde entier

Toujours dans une optique de circuit court et le moins polluant possible, les produits de cette ferme sans terre sont distribués dans la région (c’est souvent le cas pour ce type de projets, afin d'éviter les transports coûteux et émetteurs de CO2). À terme, l’objectif de production hebdomadaire de la ferme BIGH devrait atteindre 35 tonnes de bar rayé par an, 15 tonnes de tomates et pas moins de 2700 pots d’herbes aromatiques. Une production réalisée majoritairement par des employés en situation de handicap ou en réinsertion professionnelle.

Le réseau BIGH est à la recherche de davantage d’investisseurs, pour étendre son modèle de ferme urbaine dans le monde entier : « Même si avoir une seule ferme est déjà avantageux, plusieurs fermes permettent d’accélérer le développement de la production circulaire de nourriture », affirme leur site. Les milliers de terrains commerciaux non exploités dans des environnements urbains ou suburbains n’attendent que ça.

Energy Observer est, à l’origine, le nom du premier navire autonome en énergie, à la fois plaidoyer et laboratoire de la transition écologique. Toutes les informations sur le projet sont à découvrir ici

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