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Comment notre épargne pourrait servir à la transition écologique et solidaire ?

En cette période de crise, qui nous oblige à repenser les fondamentaux de nos sociétés, mobiliser l’épargne pour construire une économie plus durable et plus juste est un levier puissant, et de plus en plus d’initiatives apparaissent sur ce sujet.

Selon une étude Opinion Way, 86% des épargnants français jugent que les banques ne sont pas transparentes sur l’utilisation de leurs dépôts ou de leur épargne. Cette opacité est source de méfiance : 78% des Français jugent que les banques ne se préoccupent ni de l’impact social (78%) ni de l’impact environnemental (80%) de leurs investissements.

Un constat partagé par L’ONG Oxfam France, qui a dénoncé très récemment les conséquences de cette situation dans un rapport. Ainsi, entre 2016 et 2019, les grandes banques mondiales ont accordé 2 700 milliards de dollars de financements aux énergies fossiles, soit une hausse de 15% sur la période. 

“L’impact climatique de la finance est d’autant plus nocif qu’il est encore mal connu des Français.es : nous polluons – sans le savoir – davantage via ce que finance notre argent à la banque, que via notre propre consommation. En d’autres termes, l’argent de nos comptes en banque représente notre premier poste d’émissions de CO2” regrette ainsi Alexandre poidatz, qui a piloté ce rapport pour l’ONG.

« Les grandes banques françaises ont émis 4,5 fois plus de gaz à effet de serre que la France en 2018 via leur seule activité de financement »

“En tant que client, on se demande rarement où va l’argent que l’on dépose en banque. Pourtant, c’est l’un des mécanismes de base du fonctionnement des banques d’utiliser les dépôts des clients pour octroyer des prêts à des particuliers ou des entreprises. Or, aujourd’hui, on sait qu’une grande partie de notre argent sert directement à financer ces industries polluantes” ajoute Maeva Courtois, co-fondatrice de la néo-banque Helios, dont la promesse est justement d’inverser ce système. 

Car les crises actuelles font émerger des opportunités d’investissement sans précédent dans les modèles de la nouvelle économie : production d’énergies renouvelables, filières industrielles bas carbone, nouvelles mobilités notamment hydrogène, agriculture biologique et raisonnée, économie circulaire. Et c'est justement sur ce créneau que se positionnent de nombreuses jeunes startups. 

Des startups à la rescousse de l’épargne à impact social et environnemental

D’après le dernier sondage réalisé pour le Forum de l’investissement responsable (FIR), 6 Français sur 10 déclarent accorder une place importante aux impacts environnementaux et sociaux dans leurs décisions de placements. Et la bonne nouvelle, c’est que les initiatives se multiplient pour y parvenir. 

Ça a d’abord été le cas avec des plateformes de crowdfunding comme Miimosa, qui permet de financer directement des installations agricoles. Et puis le système s’est développé petit à petit des solutions de placements qui permettent de financer une économie réelle, de proximité, qui correspond à nos valeurs et lieux de vies. 

“On veut permettre à chacun d’investir à 100 mètres de chez soi” précise ainsi Susana Nunes, l’une des co-fondatrices de We Do Good. L’une de ces nombreuses Fintech qui veulent nous redonner le pouvoir de contrôler ce à quoi sert notre argent. Et pour cela, la jeune structure propose d’investir à la fois pour développer des projets qui soutiennent la transition écologique, mais aussi dans des projets qui font marcher l’économie de la fonctionnalité. 

Même son de cloche chez Lita.co, l’entreprise co-fondée par Eva Sadoun, une jeune trentenaire qui se décrit comme “entrepreneure activiste” et qui milite pour une finance durable. Depuis 2014, sa société a permis à plus de 20 000 épargnants et investisseurs de choisir de mettre leurs euros au service d'entreprises respectueuses de l'environnement ou à la recherche de solutions pour réduire les inégalités sociales. Elle vient également de lancer une application mobile, Rift, qui est une sorte de “Yuka de la finance” pour guider les épargnants vers de meilleures solutions.

Des néobanques qui souhaitent rendre la finance plus transparente et responsable 

Cette année, en France, 3 nouvelles banques sont en train de se lancer. Green-Got, Helios et Onlyone. Leur particularité ? Elles promettent toutes que l’argent qui leur sera confié sera utilisé uniquement pour financer des projets respectueux de l’environnement. C’est à dire le contrepied des acteurs traditionnels. 

Onlyone se veut par exemple  le “premier compte courant à impact positif” grâce à un algorithme maison qui mesure l’empreinte carbone de chaque dépense. À terme, elle veut pouvoir suggérer des alternatives de consommation à ses clients afin de les aider à réduire leur impact écologique. Green-Got, de son côté, associera ses clients à un projet de reforestation et proposera uniquement des investissements labellisés Greenfin.

Enfin, Helios, le troisième acteur, veut construire avec ses clients les listes des secteurs à exclure et à inclure, et donner accès à un tableau de bord permettant à ses clients de suivre la destination des investissements et leur impact.

Aujourd'hui, elles comptent chacune des milliers de clients qui souhaitent tester une alternative durable et écologique pour leur argent. Et demain, elles feront peut-être changer durablement le monde de la finance. 

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