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Comment réduire de 30% le volume de nos poubelles ?

Fini de mettre les épluchures et autres déchets organiques à la poubelle. Il existe un panel de solutions pour valoriser autrement ces déchets et nous permettre de réduire de 30% le volume de nos poubelles. De l’antigaspi aux poulaillers, en passant par le compost et le biométhane, zoom sur ces différentes possibilités.

Les biodéchets, c’est tout ce qui concerne les épluchures de légumes et les pelures de fruits, les papiers et les cartons, les coquilles d’oeufs ou encore les restes de viande ou de poissons. Une large partie de ce qu’on jette à la poubelle chaque jour. 

Derrière, ils sont récoltés par les agents municipaux et envoyés dans des centres spécialisés qui vont les incinérer ou les mettre en décharge. C’est dommage car ces opérations émettent une large part de CO2… et que les déchets organiques peuvent être réutilisés très facilement, qu’on soit en ville ou à la campagne. 

En France, la loi pour la transition énergétique votée en 2015 prévoit qu’à l’horizon 2025 au plus tard, chaque citoyen devra pouvoir trier ses biodéchets à la source, c’est à dire directement à son domicile sans les mettre à la poubelle. Mais sans plus attendre, des solutions existent déjà pour celles et ceux qui souhaitent s’y mettre.

« On estime que le poids des biodéchets correspond à environ 80 kilos par an et par habitant. »

L’antigaspi, notre meilleur ami pour réduire les biodéchets

Évidemment, le meilleur déchet est d’abord celui qu’on ne produit pas. Pour cette raison, la meilleure façon de valoriser nos biodéchets consiste à penser antigaspillage. 

Par chance, depuis quelques années, il existe énormément de projets et de recettes qui permettent de découvrir comment ne plus jeter ses aliments, même les aliments périmés. D’ailleurs saviez-vous que les dates de péremption sont responsables de 20 % du gaspillage alimentaire dans les foyers ? Dans certains pays, comme en Suède, ces dates sont assorties d’une seconde mention “à consommer de préférence avant … mais toujours bon après!”. Hormis viande et poissons, la plupart de vos produits sont encore bons plusieurs jours après. Il faut se fier au goût et à l’odeur. 

L’entreprise Too Good To Go, l’un des leaders de l’antigaspillage en Europe travaille d’ailleurs en ce moment avec de nombreuses marques alimentaires pour changer les choses à ce sujet. 

Elle propose aussi un véritable guide anti-gaspi pour éclairer celles et ceux qui cherchent des solutions pour s’orienter dans l’univers du zéro déchet alimentaire. C’est aussi ce que fait par exemple la startup Save Eat qui propose sur son site plein d’astuces et de recettes pour cuisiner les fanes de carottes, valoriser ses restes de pamplemousse ou réutiliser le pain dur. 

Deux exemples parmi une multitude d’initiatives qui se développent via des blogs spécialisés ou des chaînes Youtube. 

Penser compost et favoriser le développement d’une alimentation bio

Le compost et le lombricompost sont évidemment deux techniques qu’il est tout à fait possible d’opérer à domicile pour créer des fertilisants qui permettent de favoriser la croissance de nos plantes vertes ou de nos potagers. Pour celles et ceux qui ont la main verte, c’est à la fois pratique et ludique, surtout quand on sait que les biodéchets représentent jusqu’à 30% du poids de nos poubelles. On estime que le poids des biodéchets correspond à environ 80 kilos par an et par habitant. 

La plupart des municipalités mettent d’ailleurs à disposition des composteurs publics en pied d’immeuble. Il en existe près de 800 à Paris par exemple. Il suffit de se renseigner auprès de sa mairie pour en connaître l’adresse, ou pour demander à en obtenir un !

On peut aussi compter sur certains acteurs associatifs pour récupérer les déchets et réaliser le compost comme c’est le cas à Nantes via l’association La Tricylcerie. À Lyon ou encore à Bordeaux, des initiatives comme Ouicompost ou Les Détritivores proposent également ce genre de service. 

Ces organismes récupèrent nos déchets, les transforment en fertilisant qui sont ensuite proposés à des agriculteurs urbains et péri-urbains. De cette manière, ces agriculteurs peuvent réduire l’utilisation de pesticides et favoriser le développement d’une alimentation locale et biologique en circuit-court.

Un centre de méthanisation qui permet de valoriser les biodéchets en gaz pour le chauffage

Nos déchets peuvent aussi nous servir à nous chauffer 

La fermentation de nos biodéchets génère un gaz, qu’on appelle biométhane, et qui possède les mêmes propriétés que le gaz naturel. Il peut donc être injecté dans les circuits de gaz et servir pour alimenter nos chaudières. 

La difficulté, c’est de pouvoir générer à grande échelle des centres qui permettent de le capter. Mais depuis quelques années, cette pratique se développe en France à l’image de ce que propose une jeune entreprise innovante, Waga Energy. 

Dans le Morbihan, une petite commune - Inzinzac-Lochrist - teste cette solution depuis l’année dernière avec l’objectif de pouvoir générer 70% de la consommation en gaz de cette commune de 6 500 habitants par la valorisation des biodéchets. 

« Un couple de poules peut traiter jusqu’à 300 kilos de biodéchets par an. »

La mise en place de poulaillers, une solution ultra-efficace pour lutter contre les déchets 

Enfin, pour celles et ceux qui ont de la place, n’oublions pas les poules ! En effet, les poules se nourrissent de nos biodéchets et peuvent à peu près tout avaler, même les coquilles d'huîtres ! Un couple de poules peut traiter jusqu’à 300 kilos de biodéchets par an tout en produisant en retour environ 200 oeufs. C’est l’une des solutions les plus rentables et, en plus, c’est extrêmement ludique pour les enfants pour qui le contact avec ces animaux permet une réelle reconnexion à la nature. 

Il y a d’ailleurs de plus en plus de municipalités qui mettent à disposition des poulaillers à proximité des écoles ou des entreprises. C’est aussi le cas de certaines entreprises, à l’image de Cocott’arium, qui équipe par exemple le siège de l’entreprise Carrefour en région parisienne. 

Toutes ces initiatives sont complémentaires et permettent à chacun de s’engager facilement dans la valorisation des biodéchets.

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