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Des parkings transformés en... logements sociaux !

À Paris, les deux principaux gestionnaires de parkings souterrains ont enregistré une baisse de 30 % de la fréquentation horaire ces dernières années. Alors que la voiture déserte les métropoles, les parkings trouvent de nouveaux usages : agriculture urbaine, chambres froides, stockage de colis… logements sociaux !

En 2018, l’Atelier parisien d’Urbanisme (APUR) a recensé toutes les places de stationnement vides de la capitale, soit près de 96 hectares de parkings. En théorie, ce sont 150.000 aires de stationnement qui peuvent être converties pour d’autres usages. En effet, les Parisiens dédaignent de plus en plus l’automobile et n’ont plus besoin de la garer. En s’appuyant sur les données fiscales et les statistiques de l’Insee, l’APUR a en effet recensé 462.690 voitures appartenant à des ménages vivant dans les 20 arrondissements de la capitale, soit 0,42 véhicule par personne, le taux le plus bas de France.

Et le mouvement est loin d’être terminé. Actuellement, 36% des foyers parisiens sont motorisés (46% il y a 30 ans). Entre 2000 et 2015, le nombre de véhicules a baissé de 17% et le phénomène s’accélère. À ce rythme, en 2025, il pourrait y avoir 90.000 voitures de moins dans la capitale.

De nouveaux usages

Du coup à mesure que la voiture déserte la métropole, la diminution du taux d’occupation des emplacements en sous-sol ouvre la voie à leur conversion à de nouveaux usages. Comme l’agriculture urbaine par exemple. Depuis 2018, « Wesh Grow », société de culture de micro pousses, a installé sa ferme urbaine dans un parking du 18e arrondissement de Paris. Les micro-pousses sont des bébés légumes, pas plus de 3 semaines, qui contiendraient 4 à 40 fois plus de vitamines, minéraux et antioxydants que leurs équivalents cultivés à maturité. Les plans sont cultivés dans les sous-sols puis livrés chez les clients, particuliers ou restaurateurs.

Autre réhabilitation attendue, celle du parking de 72 places de la rue du Grenier Saint-Lazare inactif depuis 2014 suite à de nombreux dysfonctionnements. Un des tous premiers parcs totalement automatisés de France, lors de sa mise en service. Les voitures déposées à l’entrée étaient prises en charge par des robots automates qui les garaient directement dans les sous-sols.

La Sogaris, société spécialisée en logistique urbaine, a déposé en 2020 un permis de construire pour un projet un peu fou. « L'immeuble inversé », lauréat du concours « Réinventer Paris 2 », est le projet qui doit transformer l’ancien parking souterrain de six niveaux, en espace de logistique de proximité. Avec en surface, un kiosque qui abritera une conciergerie et un point de rendez-vous. Le premier sous-sol sera composé d'une salle de réunion pour les riverains, d'un « grenier partagé » destiné au stockage d'objets de particuliers, d'un hub de micro logistique pour la distribution du dernier mètre et le rangement des vélos cargos. Les cinq autres niveaux (200 m2 chacun) mettront à disposition des professionnels des espaces de stockage à la demande. La livraison est prévue au deuxième trimestre 2022 pour un investissement de 6,5 M€ (dont 1,2 M€ pour le foncier).

Les 3 autres projets finalistes du concours - mais non retenues - proposaient un concept store lifestyle (LVMH), un espace de sport virtuel (Stadium 2.0) et enfin un projet de centre virtuel d’art visuel et sensoriel (Ymagis-Eclair) desservi par deux toboggans de 18 mètres !

Depuis 2018, la mairie s'est engagée dans une entreprise de transformation des parkings aériens inutilisés en logements sociaux et privés. « Dix chantiers sont envisagés, dont deux ont déjà été livré, les autres sont encore dans les cartons », résume Ian Brossat, adjoint en charge du logement à la mairie de Paris. La première de ces réalisations inédites a concerné un parking aérien construit dans les années 1920, rue du Faubourg Poissonnière, dans le 9e arrondissement. Un garage attenant à la partie arrière d’un immeuble haussmannien. Mais le parking n’avait plus aucune utilité. Désormais, ce bâtiment de cinq étages renferme 34 logements sociaux du T1 au T4. Des appart’ au « look industriel », bien sûr !

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