enfant qui urine sur le potager

Faire pipi dans le potager : bonne ou mauvaise idée ?

C’est une question très sérieuse qui fait d'ailleurs l'objet de publications scientifiques et d'expérimentations dans des éco-quartiers et certaines villes : lorsqu’elle est bien traitée, notre urine est extrêmement riche en fertilisants naturels.
  • Le pipi est une source intéressante d'éléments chimiques : de l'azote, du sulfate, du phosphate, du chlore, du magnésium ou encore du sodium : notre urine regorge de matières premières issues de la digestion des aliments. Chaque jour, nous relâchons ainsi dans les toilettes environ 11 grammes d'azote, 1 gramme de phosphore et 2,5 grammes de potassium. 

    Et c’est une super nouvelle, car ce cocktail est justement composé des éléments les plus utiles à la croissance d'une plante après l’eau et le soleil. Notre pipi est donc un engrais naturel, renouvelable et disponible (presque) à volonté. Par les temps qui courent, c’est une véritable aubaine pour deux raisons : à la fois en matière de souveraineté (plus de la moitié des engrais utilisés en Europe sont fabriqués en Russie), et ensuite parce qu’il est important de remplacer les engrais chimiques. 

    Alors, dans ce cadre, pourquoi ne pas utiliser l’urine humaine ? Des scientifiques finlandais ont travaillé très sérieusement sur cette question et fait de multiples plans d'expérimentations pour tester la production de tomate en serre avec et sans pipi. Leur bilan est très simple : non seulement, l’urine est aussi efficace que les engrais chimiques, mais plus encore, elle permet de produire 4,2 fois plus de tomates si elle est bien utilisée. 

    conseils pour l'utilisation de l'urine au potager

    Pour les intéressés, il existe même des guides pour utiliser correctement ce fertilisant naturel au potager

    Récolter l’urine à la source : une difficulté ? 

    Sur le plan sanitaire, l’usage de l’urine humaine en agriculture présente assez peu de risques puisqu’elle n’est pas un vecteur de maladies. D‘ailleurs, la plupart des champs sont aujourd’hui fertilisés avec du fumier, c'est-à-dire des déjections animales. 

    Il n’y a donc rien d’impropre à cela. Il faut juste bien penser à doser, car lorsque ces nutriments sont rejetés en trop grande quantité, cela entraîne des problèmes pour la biodiversité. On sait, par exemple, que l’usage à trop grande échelle des engrais azotés en Bretagne a causé la prolifération des algues vertes. L’urine doit donc être diluée pour être efficace.

    Mais avant toute chose, il faut surtout la séparer et la récolter à la source, ce qui nécessite de repenser totalement nos toilettes, mais aussi le réseau de collecte. La question n’est pas nouvelle et des dispositifs ont déjà été testé dans différents pays. C’est le cas en Suède au début des années 1990, puis en Suisse ou en Allemagne. Aujourd’hui, des expérimentations sont en cours dans presque tous les pays du monde, même si l’acceptabilité n’est pas la même partout.

    On peut citer par exemple le cas de la startup Toopi Organics qui met en place des sanitaires sans eau collectant l’urine de manière séparative. Dans quelques années, il n’est donc pas improbable que nous soyons équipés de toilettes particulières afin de créer une véritable économie circulaire grâce au pipi. Ce ne serait d’ailleurs pas un luxe à une époque où l’utilisation de l’eau douce potable est aussi scrutée de près. En France, plus de 200 milliards de litres d’eau potable sont souillés chaque année par notre urine. 

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