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A l'heure du troisième reconfinement, ces solutions qui vaccinent contre la solitude

Alors qu’un troisième confinement touche le tiers du pays et que la crise sanitaire s’éternise, la population française a le moral en berne. Pour lutter contre la déprime, trouver des solutions qui remettent l’humain au centre des préoccupations n’est pas chose aisée. On a repéré quelques initiatives.

Début mars, nous vous parlions ici de l’élan de solidarité qui s’était emparé de la France, prompte à venir en aide aux étudiants précarisés par la crise de la Covid-19. Navettes gratuites et repas partagés à Pau, distribution alimentaire à Paris, prêt de matériel à Lyon, petits jobs partout ailleurs dans l’Hexagone… les initiatives se sont multipliées, suivant l’évolution de la pandémie et des restrictions gouvernementales.

Malheureusement, l’aspect matériel n’est pas le seul enjeu de cette difficile période. De plus, les jeunes, s’ils sont en première ligne des dégâts logistiques et économiques causés par la peur du coronavirus, ne sont pas des cas uniques. La santé mentale de tous nos concitoyens s’est dégradée en un an, selon plusieurs études. 40,5% des Français ont vu leur moral baisser durant la crise sanitaire, d’après l’institut de sondage Gece (février 2021). Un état psychologique à plat, qui inquiète même le gouvernement.

Face à l’isolement social de la population, principale cause de cette déprime généralisée, certaines solutions toutes simples font office de baumes apaisants. Et elles proviennent parfois de personnes elles-mêmes en difficulté.

Solidarité épistolaire

Lisa Machard, une étudiante rouennaise, vient ainsi de monter une association, Lettres Perdues, qui compte déjà une cinquantaine d’adhérents, après quelques semaines d’existence seulement. Le principe est simple : on écrit à destination d’une boîte postale de manière anonyme. Puis l’asso trie les missives par âge, genre, situations et thèmes, pour les transférer ensuite à des personnes en manque de correspondance (les identités et adresses restent ainsi confidentielles).

"C’est anonyme pour assurer la sécurité et éviter que cela se transforme en site de rencontre", précisait Lisa au site L’Étudiant il y a quelques semaines, heureuse de pouvoir recréer du lien en cette période trouble.

Même renversement des dynamiques d’entraide à Poitiers, où Victoria, étudiante en deuxième année de psychologie, avait créé une plateforme de soutien scolaire (Entr’aide) visant à aider collégiens et lycéens en proie à des difficultés alors qu’approchaient, en juin dernier, des épreuves de brevet et de bac un peu particulières. Depuis mars 2020, une soixantaine d'étudiants poitevins, pourtant eux-mêmes parfois en difficulté, utilisent ainsi la plateforme Discord pour dispenser leurs précieux savoirs à de plus jeunes qu’eux.

Se décentrer pour aider les autres

Les histoires "feel good" de citoyens lambda se démenant pour apporter du réconfort à leurs voisins plus ou moins proches continuent de fleurir sur la toile, dans les journaux et sur les réseaux sociaux. Ici, c’est Adeline, habitante de la Mayenne, qui a fabriqué 200 masques en tissus et aide en distribuant des repas aux aînés. Là, ce sont quatre Berrichonnes qui avaient collecté avant Noël des boîtes à chaussures contenant des cadeaux distribués aux sans-abri du département de l’Indre. Ici des RTT offerts, là des ventes aux enchères solidaires…

Le boom des cohabitations intergénérationnelles a aussi fait office de rempart à la solitude et à l'isolement. Autre changement : lors du déconfinement de mai dernier, et a minima celui-ci, les bénévoles de l’association Les Petits frères des pauvres ont repris une activité "normale", rendant visite à des personnes âgées qui n’avaient pas vu âme qui vive pendant des mois. Les modalités de ce nouveau confinement laissent a priori plus de latitude pour ne pas finir complètement isolé. Mais dans les faits, le ras-le-bol et l’incertitude se font sentir. Et si les solidarités envers les étudiants et les personnes âgées furent massivement relayées, le "ventre mou" de la population a aussi le moral en berne.

Face à cette situation qui dure, les psychiatres enjoignent les Français à utiliser leurs "ressources psychiques" : s'aérer, prendre soin de soi, ne pas arrêter le sport, appeler ses amis au téléphone (surtout pas de SMS et de messages privés via les réseaux sociaux, vecteurs de stress). Organiser une chaîne d’entraide originale et personnelle, afin de s’occuper du sort d’inconnus, peut également être une solution adéquate, qui décentre et fait relativiser.

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