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Même les liquides peuvent s’acheter en vrac

La vente en vrac est un secteur en plein boom. En 2019, la barre des 200 épiceries qui font du vrac a été dépassée alors qu’elles n’étaient que 18 en 2015. Dans les rayons de ces magasins pionniers, les liquides étaient jusqu’à peu les grands absents. Mais deux start-up françaises ont mis au point des systèmes qui permettent de vendre des liquides alimentaires, d’hygiène et d’entretien dans les boutiques. Objectif : éviter chaque année la consommation de millions de contenants en plastique.

On fait tous le même constat dans les magasins : que de bouteilles jetables ! C’est pour contribuer à la mutation de notre société vers le zéro-déchet, en repensant la vente des produits liquides, que sont nées Qualivrac et Jean Bouteille. Ces deux startups ont mis au point des systèmes différents mais efficaces pour distribuer du liquide en vrac. « Le vracteur, l’invention de Qualivrac, est un meuble breveté en hêtre et fabriqué en France, qui fonctionne sans électricité pour distribuer les produits liquides en vrac, aussi bien des produits alimentaires, que d’hygiène ou de détergence », annonce fièrement Matthieu Reumaux, le fondateur de Qualivrac.

Un système aussi simple qu’ingénieux

Côté magasin, le chef de rayon insère un BIB – le contenant- de 10l du produit à distribuer dans un des tiroirs du meuble. De son côté, le client a des bouteilles et des étiquettes à sa disposition avec le code barre du liquide concerné. Il n’a plus qu’à remplir son flacon selon le système bien connu des amateurs de vin en cubitainer. « Pas besoin de balance, ni d’imprimante, c’est un système très simple aussi bien pour le magasin que pour le consommateur », poursuit le jeune patron. Le client peut même revenir avec sa bouteille vide pour la remplir. C’est en quelque sorte le retour de la consigne de nos grands-parents.  

La startup Jean Bouteille, elle, a poussé ce concept jusqu’au bout. Cette société implantée dans la région Hauts-de-France, met à la disposition des consommateurs de ses magasins partenaires des bouteilles en verre, ou plutôt des Jean Bouteille(s), conçues pour être réutilisées le plus de fois possible sans casser.

Une bonne idée pour de bons produits

Déconsignables à tout moment, les flacons peuvent être lavés dans une machine spécifique avant d’être remis dans le circuit. « Le lavage des bouteilles consomme moins d’eau que la production d’une bouteille neuve », affirme Gérard Bellet, le patron de Jean Bouteille. Ici, pas de meuble pour se verser le liquide mais des fontaines un peu comme celles des bistrots, électriques ou mécaniques selon le modèle.

Pour remplir leurs contenants, les deux entreprises ne proposent que de bons produits issus de l’agriculture biologique ou labellisés eco- détergents. Le consommateur y trouve aussi bien des huiles bio de l’Aude que du gel douche fabriqué en France dans le plus strict respect de la réglementation. Et pour les amateurs, la bière aussi existe en vrac.

La confiture en vrac, c’est pour demain

« Là où on rentre dans l’économie circulaire, c’est qu’on essaie que la boucle soit la plus petite possible : la bouteille fabriquée dans le Nord est utilisée puis lavée dans le Nord et même chose pour celle utilisée dans un magasin à Bordeaux, qui est est produite et nettoyée sur place », revendique Gérard Bellet. Et le secteur n’est pas à court d’innovation. Jean Bouteille est sur le point de mettre en place un service de recyclage des poches de BIB avec sa nouvelle fontaine baptisée « Easy » et Qualivrac vient de faire breveter un caisson avec des poches verticales pour faire couler à grande vitesse les liquides visqueux. «Ça marche même avec de la confiture de fraise », confie Matthieu Reumaux. Le plastique, on vous le dit, c’est pathétique et c’est démodé !

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