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Police de l’environnement : ces agents très spéciaux qui veulent sauver la terre

Ils portent l’uniforme, sont armés et peuvent délivrer des PV. Mais ces 1900 policiers d’un genre très spécial ne traquent que les délinquants de l’environnement. Pour les autres, circulez il n'y a rien à voir !

Une police de l’environnement…Lorsque l’idée a été lancée peu après l’accession d’Emmanuel Macron à la tête de l’État, elle a bien fait ricaner sous les ors de la République... « Un policier de l’environnement, ça sert à tirer les lapins de garenne avec des balles en caoutchouc ? »... « La police de l’environnement va-t-elle mettre les sangliers en prison ? »... Voici le genre de messages qui ont fleuri à l’époque sur les réseaux sociaux, émanant bien souvent d’élus qui se gargarisaient par ailleurs d’avoir une fibre plus verte que verte.

Mais l’idée a fait son chemin, s’est transformée en projet de loi et s’est concrétisée en janvier 2020 par la création de l’OFB, l’Office français de la biodiversité, un établissement public placé sous la tutelle du ministère de la Transition écologique et entièrement dédié à la protection et la restauration de la biodiversité. 

L'OFB est d'abord un organe de contrôle, et doit notamment contribuer à "l'exercice des missions de police administrative et de police judiciaire relatives à l'eau, aux espaces naturels, aux espèces, à la chasse et à la pêche ainsi que des missions de police sanitaire en lien avec la faune sauvage", peut-on lire dans le texte de loi.

1900 inspecteurs sur le terrain

Parmi les 2.700 agents de l’OFB, 1.900 sont des "inspecteurs de l'environnement" qui travaillent sur le terrain. La loi a d'ailleurs renforcé leurs prérogatives de police judiciaire pour qu’ils puissent conduire leurs enquêtes du constat de l'infraction jusqu'à l'orientation de poursuites.

« Nous sommes des policiers. Nous portons l’uniforme, nous sommes armés et nous pouvons délivrer des PV. Mais nous sommes avant tout des experts de la biodiversité en milieu terrestre comme aquatique et notre mission se veut en premier lieu préventive », résume Jean, inspecteur dans la région Occitanie.

« La complexité de notre métier, c’est que nous avons à la fois affaire à de vrais délinquants environnementaux, qui bafouent sciemment la loi, et à des citoyens lambda qui agissent par méconnaissance. »

Dans le détail, les policiers de l’environnement interviennent sur les atteintes aquatiques (pollution de la ressource, atteinte aux zones humides ou littoral), aux espaces naturels, à la flore et la faune sauvage (espèces gibier ou protégées, lutte contre les trafics d’espèces), à la chasse (contre-braconnage, renforcement de la sécurité à la chasse) et à la pêche.

Les inspecteurs de l'OFB agissent sur de nombreux fronts : contrôles sur le respect des arrêtés antisécheresse, vérification de l’habilitation à détenir certaines bêtes dans les zoos ou les cirques, contrôle de distributeurs vendant du caviar car l’esturgeon est protégé, respect des règles de circulation dans les espaces naturels protégés, utilisation des produits phytosanitaires par les agriculteurs, etc.

Une première en Europe

«La complexité de notre métier, c’est que nous avons à la fois affaire à de vrais délinquants environnementaux et à des citoyens lambda qui agissent par méconnaissance, poursuit Jean. Les premiers bafouent sciemment la loi, notamment dans le cadre de projets de construction ou de trafics d’animaux par exemple. Les seconds font du camping sauvage, allument imprudemment leur barbecue en forêt, ou pêchent dans des cours d’eau protégés parce qu'ils sont mal informés. »

Si ces flics verts tentent d’abord d’être pédagogiques, leurs amendes peuvent être importantes et atteindre plusieurs milliers d’euros pour les contraventions les plus graves.

« L’éventail de nos missions est très large et nos effectifs ne sont pas encore suffisants pour couvrir correctement tout le territoire mais c’est déjà un bon début, se félicite l'inspecteur. D’autant plus que nous sommes le premier pays en Europe à avoir mis en place un tel service public. » Un bon point "vert" pour la France.  

 

 

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