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Produire du charbon végétal... en tondant sa pelouse

Une jeune ONG basée dans l’Hérault propose une solution novatrice pour le traitement des déchets verts en les transformant en briquettes de charbon écologique. À terme, les déchets des espaces verts municipaux, des jardins privés et de l’agriculture pourraient être valorisés avec cette énergie écoresponsable.

« L’idée est née en 2015, lors d’une mission humanitaire pour lutter contre l’épidémie de fièvre Ebola en Guinée. Au-delà du fléau de la maladie, j’ai été frappé par l’utilisation locale du charbon de bois, avec les catastrophes écologiques que cela entraîne, notamment la destruction de la forêt primaire », raconte Antonin Acquarone, 34 ans, président de l’ONG COOPDEA. Cet ancien assistant parlementaire européen décide alors de tout plaquer pour se consacrer à la recherche de solutions alternatives.

Lorsqu’il rentre chez lui dans l’Hérault, il observe son père réhabiliter dans son village languedocien la tradition des anciens charbonniers. En le voyant remettre en marche des charbonneries artisanales d’antan, l’idée du charbon écologique, l’écochar, lui apparaît comme une évidence.

L’écochar est fabriqué en brûlant des végétaux issus de déchets verts dans un four. La biomasse qui résulte de cette combustion constitue une source d’énergie renouvelable, propre et locale. Et son processus de fabrication diminue significativement son impact environnemental par rapport au charbon de bois.

Avec son ONG, Antonin Acquarone développe donc un four spécial, construit uniquement à partir de matériaux locaux recyclés pour produire ce charbon écologique. Ce charbon, utilisé pour la cuisine et le chauffage, est revendu ensuite en circuit court sous forme de briquettes pour participer au développement des communautés et à l’autofinancement du projet.

« C’est un cercle totalement vertueux car nous proposons également aux populations locales de fabriquer leurs propres fours low tech. Le problème c’est qu’en Afrique on n’a pas facilement accès à des produits issus de la récupération. Donc vous êtes obligés d’acheter les différents éléments du four pour un coût total de 200 €. Beaucoup trop cher pour la plupart des Africains ! C’est la raison pour laquelle l’association a besoin de fonds », précise Antonin Acquarone.

« Les expériences menées en Afrique ces dernières années ont permis d’améliorer le rendement du four expérimental que nous avons installé à Sainte-Croix-de-Quintillargues dans l’Hérault. C’est rare quand un projet humanitaire va dans le sens sud-nord. »

Ce projet a déjà été mis en place dans plusieurs pays à travers le monde, notamment en Afrique (Guinée et Togo) et au Moyen-Orient (Kurdistan Irakien). Même si l’écochar ne pourra jamais totalement remplacer le charbon de bois, il offre une solution un complément pour lutter contre la déforestation et constitue aussi une nouvelle source de revenus pour les populations locales.

L’association souhaite à présent passer de l’international au local pour valoriser les déchets végétaux des communes, des particuliers et des agriculteurs français. « Les expériences menées en Afrique ces dernières années ont permis d’améliorer le rendement du four expérimental que nous avons installé à Sainte-Croix-de-Quintillargues dans l’Hérault. C’est rare quand un projet humanitaire va dans le sens sud-nord. »

En France les galettes d’écochar sont actuellement destinées (et c’est plus anecdotique) aux barbecues mais la poudre de charbon, elle, peut être utilisée dans l’agriculture comme « améliorant » de sols. Et l’association rêve désormais d’entraîner dans son sillage les collectivités pour les convertir à l’écochar, qui s'inscrit dans une démarche d'économie circulaire et de développement durable.

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