Le média des initiatives positives

Édité par

Édité par

Stop au minéral : végétaliser la ville, un concept rafraîchissant

Revégétaliser les quartiers envahis par le béton, c’est le credo d’Urban Canopee. Cette startup francilienne propose des solutions vertes très originales pour moins souffrir de la pollution et des canicules de plus en plus nombreuses. Elle redonne sa place à la nature dans la ville en installant du mobilier urbain…qui pousse.

Sa structure reproduit grossièrement la forme des arbres et elle porte bien son nom. La corolle est le mobilier urbain star et pour l’instant l’unique produit d’Urban Canopee. Elle s’installe sur des places trop minérales pour remettre de la fraîcheur au cœur des villes.
« Avec une corolle d’1 m2 d’emprise au sol, vous avez 50m2 de végétal et d’ombrage. L’ombrage et l’évapotranspiration participe au rafraichissement de l’air ambiant. C’est une solution inspirée du biomimétisme qui imite les vertus des forêts. On sait depuis longtemps que le végétal est la meilleure climatisation naturelle au monde » explique Elodie Grimoin, la cofondatrice de l’entreprise.

« On peut planter du kiwi, du raisin ou du houblon pour faire sa bière. »

Conçue et assemblée dans les ateliers de l’entreprise, la corolle a une structure en fibre de verre. Son maillage est intégré dans un gros pot sur laquelle des plantes vont pouvoir se développer. « Techniquement, poursuit la jeune femme, on met 4 à 5 pousses par corolle. Des plantes grimpantes exclusivement qui tournent autour de nos joncs. C’est de varier les espèces qui est intéressant car ça peut faire des floraisons et des senteurs différentes ».
Les corolles sentent bons, donc, et Urban Canopee propose même de faire de l’agriculture urbaine. « Les plantes fruitières intéressent de plus en plus de monde alors on peut planter du kiwi, du raisin ou du houblon pour faire sa bière. Libre au client de nous faire part de ses envies en la matière » fait valoir Elodie Grimoin.

Une solution qui s’exporte

Et la startup ne s’y est pas trompée. La corolle fait un tabac. Entre une école maternelle à Saint-Denis, des écoquartiers comme Smartseille à Marseille, des centre commerciaux ou encore des sièges sociaux d’entreprise, la clientèle est très hétéroclite. Il y a déjà entre 60 et 70 corolles installées partout en France et elle commence à s’exporter au Maroc, à Ryad en Arabie Saoudite. Encore plus fort : un français, installé à Melbourne en Australie veut développer Urban Canopee sur place. « On est tombé au bon moment ; il faut aller vite et bien » dit humblement la jeune startupeuse.

« La finalité d’Urban Canopee c’est d’avoir un catalogue avec plein de formes différentes utilisables selon les besoins. »

Urban Canopee est née des travaux d’un groupe de recherche de l’école nationale des ponts et chaussées dirigé par Hubert Michaudet pour lutter contre les ilots de chaleur urbains. A l’époque, il travaille sur la conception d’une structure légère et modulaire pour greffer du vert dans la ville. Tout s’accélère en 2016. Lauréat de la GreenTech innovation, l’incubateur du ministère de la transition écologique, il reçoit 50 000€ de subventions pour démarrer. Une année plus tard seulement, Urban Canopee lance ses premières petites structures reproductibles : des modules qui, couplés les uns aux autres, peuvent recouvrir n’importe quel espace. « C’était une commande pour la ville de Toulouse. Nous y avons installé trois corolles. On a industrialisé le modèle, on a travaillé sur d’autres variations de taille façades. La finalité d’Urban Canopee c’est d’avoir un catalogue avec plein de formes différentes utilisables selon les besoins » précise Elodie Grimoin. D’ailleurs, JC Decaux, la plus célèbre des entreprises de mobilier urbain les a contactés pour passer ses abribus en mode green.

Bientôt des bâtiments végétalisés de la toiture aux façades

Même si Anne Hidalgo en rêve, il n’est pas possible de planter des arbres partout pour créer des forêts urbaines, selon la cofondatrice d’Urban Canopee. Alors, la startup a imaginé s’attaquer à la végétalisation des bâtiments. Elle travaille à une structure en forme de dôme pour les toitures et elle planche sur un modèle très touchy pour les façades. « L’idée est de mettre un maillage comme le modèle corolle en changeant la forme avec un substrat dans un pot rectangulaire posé sur les descentes de charges du bâtiment. On va pouvoir dessiner le chemin pour le végétal et contourner les fenêtres » avance Elodie Grimoin. Enfin, fantasme ultime de l’équipe : créer un outil de modélisation, une sorte de plug in à implémenter sur les outils de dessin des architectes pour penser les plans directement avec les structures d’Urban Canopee. Classieux !

À lire aussi

  • Qui sommes-nous ?

    Les Éclaireurs met en lumière les initiatives positives.
    En savoir plus
  • Contact

    Une initiative à nous proposer, un projet à nous recommander ?
    Contactez-nous