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Diogène, Rousseau, De Funès : ces stars du passé écolos avant l’heure

Parmi ceux qui ont pris en marche le train de l’écologie, certains ne savent sans doute pas que le concept n’a été inventé ni par Nicolas Hulot ni par Greta Thunberg ! Depuis l’Antiquité, des femmes et des hommes militent pour la biodiversité et la préservation de la planète. Voici quelques petites histoires d’illustres précurseurs de l’écologie, un domaine dans lequel on ne les attendait pas vraiment.

Il convient tout d’abord de rendre à Ernst Haeckl et Robert Park ce qui leur appartient. Le premier est un biologiste allemand qui inventa en 1866 l'écologie et la définit comme la science qui étudie le rapport des espèces avec leur cadre de vie. Le second est un sociologue américain qui développa en 1920 le concept d’écologie humaine en se focalisant sur la façon dont les hommes s’adaptent à leur environnement.

Si ces deux là passèrent à la postérité verte, d'autres l'acquirent pour leurs écrits, leurs idées ou leurs talents d'artiste, comme Diogène, saint François d'Assise, Rousseau ou encore Louis de Funès, qui étaient pourtant tous de fervents écolos avant l'heure.

Les précuseurs de l'Antiquité

Prenez par exemple Diogène, né en 413 avant Jésus-Christ sur les bords de la Mer Noire. Dénonçant l'artifice de la richesse, le philosophe grec préconisait une vie simple et plus proche de la nature. Il vivait dehors, dans le dénuement, vêtu d'un simple manteau, muni d'un bâton, d'une besace et d'une écuelle et dormait dans une jarre.

« L'industrie, pour divers motifs, fouille le sein de la terre et creuse pour satisfaire l'avarice et le luxe. »

Quatre siècle plus tard, l’écrivain et naturaliste romain Pline l’Ancien, auteur d' « Histoire naturelle », une œuvre monumentale en 17 volumes, s’inquiétait déjà des conséquences terribles de l’exploitation des ressources. "L'industrie, pour divers motifs, fouille le sein de la terre et creuse pour satisfaire l'avarice et le luxe. Nous suivons toutes les veines de la terre, et, vivant sur les excavations que nous avons faites, nous nous étonnons que parfois elle s'entrouvre ou qu'elle tremble ! Comme si l'indignation ne suffisait pour arracher de pareils châtiments à cette mère sacrée », alertait-t-il voici 2000 ans...

Sacré saint patron des écolos 700 ans plus tard....

Dans l’Italie qu’il parcourait au début du XIIIe siècle pour professer la parole chétienne, saint François d’Assise prônait aussi l’égalité entre l’homme et l’animal : une idée complètement folle pour l'époque mais qui est aujourd’hui celle des antispécistes. Il enjoignait ses disciples à ne pas maltraiter la terre, leur demandait de n'allumer leur feu qu'avec du bois mort ou de laisser une partie de leur potager en friche. Sept siècles plus tard, le Pape Jean-Paul II le consacrera d'ailleurs saint patron des écologistes...

George Sand, adepte de la permaculture

En 1755 , dans "Le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes", Jean-Jacques Rousseau développait sa théorie du bon sauvage. Selon lui, l’état de nature était bon pour l’homme et lui permettait d'être heureux alors qu'a contrario, la civilisation le dépravait. Mais en ce XVIIIe siècle où l’on croyait tant au progrès technologique, la sobriété qu'il prônait faisait ricaner. « En vous lisant, il me vient l’envie de me mettre à quatre pattes », lui écrivit ainsi Voltaire.

George Sand, connue pour être devenue la toute première femme à vivre de sa plume, était une féministe avant la lettre. Mais elle était également une précurseuse de la permaculture. Dans son chateau de Nohant, au cœur du Berry, elle cultivait un jardin dans lequel elle laissait prospérer les « mauvaises herbes » au milieu de son potager et de ses parterres de fleurs. Et elle devint une experte en herboristerie en utilisant ces plantes folles pour en faire des tisanes et des remèdes.

Au siècle suivant, l'écrivain Jean Giono remporta un concours littéraire lancé par le magazine américain Reader’s Digest : dans "L’homme qui plantait des arbres", une nouvelle écrite en une nuit, il racontait l’histoire d’un berger qui faisait revivre sa région de Haute-Provence, en plantant des arbres. Dans les années 50, le texte avait eu un retentissement mondial et il est aujourd'hui encore considéré comme un manifeste à part entière de la cause écologiste et du combat contre la desertification rurale.

De Funès, en vadrouille au jardin potager

Enfin Louis de Funès, le plus populaire de nos acteurs comiques qui aurait aujourd’hui 106 ans, avait un demi-siècle d’avance sur la majorité des Français en matière d’écologie. Le héros survolté et bourré de tics de "La grande vadrouille" et du "Corniaud", cultivait une passion secrète pour le jardinage et était l’un des premiers défenseurs de l’agriculture biologique, ainsi que d’une nourriture saine et naturelle. Dans son château de Clermont, en Loire-Atlantique, il avait converti dans les années 70 son potager et son verger en 100 % bio. Politiquement monarchiste, ce fervent catholique qui penchait très à droite et n’hésitait pas à vilipender les manifestations gauchistes, relayait pourtant les sages paroles du commandant Cousteau, en invitant ses fans à ne descendre dans la rue que pour une seule cause : celle de la nature.

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