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La neutralité carbone, grosse arnaque ou véritable objectif ?

Le principe de neutralité carbone est une sorte d’objectif collectif à atteindre pour faire en sorte de ne pas mettre à mal la planète. Mais il est aussi utilisé par des marques à des fins de greenwashing.

Atteindre la neutralité carbone dès le milieu du 21ème siècle est l’un des objectifs définis dans l'accord de Paris signé par 195 pays, dont la France. L’idée derrière cet objectif, c’est d’atteindre un plafonnement des émissions mondiales de gaz à effet de serre en faisant en sorte que le carbone émis par les activités humaines puisse être capté par ce qu’on appelle des “puits de carbone”. 

Les puits de carbone sont des écosystèmes qui stockent davantage de CO2 qu’ils n’en émettent. On parle généralement des sols (les prairies notamment), mais aussi des forêts et des océans. Les océans captent énormément de CO2 grâce aux algues et au plancton, qui réalisent leur photosynthèse de la même manière que les végétaux. 

Le problème, c’est que les puits de carbone naturels captent aujourd’hui entre 9 et 11 gigatonnes de CO2 là où les activités humaines émettent 38 gigatonnes de CO2 chaque année. Pour atteindre la neutralité carbone, il faut donc créer davantage de puits de carbone (ce qui est souvent mis en avant par des entreprises qui plantent des arbres) ou il faut réduire nos émissions de CO2. 

Attention au greenwashing !

Mais attention aux arnaques ! Car la neutralité carbone, ça n'est pas si simple. Et quand une entreprise participe ou finance la plantation d’arbres et de forêts, elle ne va pas capter immédiatement le CO2 qu’elle émet. En revanche, elle participe à ce que notre capacité d'absorbtion soit plus importante dans les décennies à venir. Et c’est là où le greenwashing apparaît. 

Car, depuis quelques années, de très nombreuses entreprises aiment à se déclarer “neutre en carbone”. Derrière, se cache souvent des mécanismes de financements (rachat de crédits carbone) ou des actions comme la reforestation qui ne fonctionne pas à l’instant T mais sont des projets sur du long-terme. On peut imaginer qu’une entreprise mette en œuvre des actions qui lui permettent de compenser ses émissions sur une année (et encore!). Mais cela n’en fait pas une entreprise neutre en carbone pour autant. 

D’ailleurs, le Giec estime que le principe de neutralité carbone n’existe pas du point de vue d’une entité et ne peut fonctionner qu’à l’échelle planétaire. C’est-à-dire quand nos émissions seront susceptibles d’être captées par les puits de carbone naturels. Et là-dessus, il y a encore du boulot.

Réduire les émissions, notre seul espoir

Alors évidemment, il y a des petits malins, Elon Musk en première position, qui pensent que des solutions technologiques de captation du carbone pourraient nous sauver de cette situation. C’est plausible mais encore peu probable à l’heure actuelle. Pour le moment, notre espoir d'atteindre la neutralité carbone à l'échelle mondiale se fonde sur les puits de carbone existants : sols, forêts, océans, mangroves, marais et autres zones humides. 

Mais ces puits de carbone sont relativement rares à l’échelle de la planète et il est difficile d’augmenter drastiquement leurs capacités. 

La seule solution, s’y l’on en croît donc les experts du Giec, de l’ADEME ou encore du Parlement Européen, c’est de réduire nos émissions de CO2. Et pour cela, planter des arbres ne sera pas suffisant. La réduction des émissions de GES, cela passe par des changements de comportements plus impactants. 

Pour atteindre la neutralité carbone en Europe, l’UE estime qu’il faudra par exemple réduire nos émissions de GES de 60% d’ici 2030. Comment faire cela ? La réponse est complexe mais passe par trois éléments : une alimentation qui fait la part belle au végétal, des modes de déplacements doux ou bas-carbone, et une énergie principalement orientée sur les renouvelables ou le nucléaire.

Bref, la neutralité carbone est un réel objectif. Mais attention aux arnaques, car la neutralité d’une entreprise, aujourd’hui, cela n’existe pas. 

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