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Ces femmes pionnières sans qui le mouvement green n’existerait pas

Wangari Muta Maathai vient du Kenya, Gro Harlem Brundtland de Norvège, Rachel Carson des États-Unis et Anita Conti est française. Leur point commun ? Elles sont des pionnières en ce qui concerne la protection de l’environnement, et pourtant, encore largement méconnues du grand public.

En 2019, Greta Thunberg a reçu le prix Rachel Carson pour récompenser son action en faveur du climat. Mais aviez-vous déjà entendu parler de cette femme ? Jamais ? Pourtant, son rôle dans la protection de l'environnement est loin d'être neutre. L'ancien Vice-Président des États-Unis et activiste pour le climat, Al Gore, a d'ailleurs souvent mis en avant le fait que son engagement pour l'environnement était lié à Rachel Carson. 

C'est pour rendre hommage à ces lanceuses d’alertes avant l’heure, pionnières d’une lutte qui nous concerne toutes et tous, que nous mettons en avant aujourd'hui 4 personnalités, encore trop peu connues du grand public, et dont le rôle en faveur de l’environnement a pourtant été essentiel.


Wangari Muta Maathai, la première femme africaine à recevoir le prix nobel de la Paix

Wangari Muta Maathai est la première femme africaine à recevoir le Prix Nobel de la Paix, en 2004, pour son engagement en faveur de l’environnement et de l’émancipation des femmes. 

Un honneur qui vient récompenser une vie de labeur au service des communautés Kenyanes dont l’origine remonte aux années 1970. C’est en 1977, pour être précis, qu’elle fonde le Green Belt Movement (Mouvement de la ceinture verte) qui va relier 3 grandes causes : la lutte contre la pauvreté, l’émancipation des femmes et la protection de l’environnement. 

Au Kenya, à l’époque, la déforestation fait des ravages pour les populations locales qui ont besoin de bois pour les tâches domestiques (la cuisine notamment) ainsi que pour l’élevage. Les objectifs du régime autoritaire de l’époque ont donc comme conséquence de dégrader l’environnement, mais aussi de mettre en difficulté l'autonomie énergétique et alimentaire de sa population. 

Wangari Muta Maathai mène alors de vastes campagnes de reboisement autour des villages pour répondre à ce problème, et elle fait de l'arbre le symbole de la lutte pour la paix. Elle en profite pour former les femmes aux techniques agroforestières afin de développer leur indépendance. Au total, sous son impulsion, 30 000 femmes reçoivent une formation aux pratiques agricoles et plus de 50 millions d’arbres sont replantés au Kenya. 

« Plus vous dégradez l’environnement, plus vous vous enfoncez dans la pauvreté. »

Wangari Muta Maathai - Prix Nobel de la Paix 2004

Gro Harlem Brundtland, en 1991, en compagnie du 1er ministre français, Raymond Barre.


Gro Harlem Bruntdland et l’invention du Développement Durable

3 fois première ministre de Norvège, Directrice de l’OMS durant 5 ans, Présidente de la commission mondiale sur l’environnement à l’ONU… Le parcours de Gro Harlem Bruntdland est tout simplement extraordinaire.

Médecin, titulaire d’un Master en santé publique obtenu à Harvard, elle est nommée ministre de l’environnement en Norvège à seulement 35 ans. Quelques années plus tard, en 1981, elle est la 1ère femme à devenir Chef du Gouvernement de Norvège. Durant sa carrière, elle occupera ce poste de première ministre à 3 reprises. Mais entre ses deux premiers mandats, elle est appelée à l’ONU pour prendre en charge des travaux sur l’environnement. 

Le 27 avril 1987, il y a 33 ans, Gro Harlem Brundtland rend un rapport issu des 900 jours de travaux de sa commission. Intitulé “Our common future” et surnommé plus tard “Le rapport Brundtland”, il s’agit d’un document historique et fondateur pour l’histoire de l’écologie. On y retrouve la première définition officielle du terme “Développement Durable” : « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ».

Ce rapport sera la pierre angulaire du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, en 1992, et un document de référence pour la coopération internationale en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

Portrait de Rachel Carson


Rachel Carson et la lutte contre les pesticides

“Une folle anti-progrès qui plait aux adorateurs d’aliments bio”. Voilà ce qu’on racontait de Rachel Carson, en 1962, lorsque sort son livre (Le printemps silencieux) qui plaide contre l’utilisation d’un pesticide chimique : le DDT. 

Cette scientifique américaine, biologiste et zoologiste, est réputée à l’époque pour ses travaux de recherche et de vulgarisation scientifique. Lorsqu’elle publie son ouvrage dénonçant la manière dont le DDT entraîne des conséquences terribles pour la biodiversité, elle crée une large prise de conscience écologiste chez les américains, qui remontera jusqu'au Président J.F Kennedy. 

«Ces insecticides ne sont pas des poisons sélectifs, ils n’identifient pas particulièrement l’espèce que nous voulons supprimer […] on les utilise uniquement à cause de leur virulence […] ils détruisent toutes les vies qu’ils rencontrent» écrit-elle dans son livre au sujet du DDT, qui menace les insectes et les oiseaux, ainsi que , par extension, l'ensemble de la chaîne alimentaire. 

Véritable lanceuse d’alerte, elle décède en 1964 et ne verra malheureusement pas se terminer son combat contre ce produit, qui va durer près de 10 ans, jusqu’en 1972, date à laquelle le DDT sera interdit aux États-Unis puis dans le monde entier (1970 en France). Ironie de l’histoire, en 1974, la firme Monsanto commercialise un nouveau pesticide, le glyphosate, dont l’interdiction est toujours d’actualité aujourd’hui.

Portrait d'Anita Conti

Anita Conti et la protection des océans 

Anita Conti est une océanographe et écrivaine française qui commence sa carrière en 1934 comme journaliste-observatrice pour ce qui deviendra plus tard l’IFREMER. En 1940, embarquée sur un navire de guerre, elle participe à l’évacuation des soldats anglais et français à Dunkerque. Mais c’est après la guerre que son rôle et sa vision du monde marin vont changer et qu'elle va se muer en lançeuse d'alerte sur les dangers de la surpêche. 

Dans les années 1950, elle participe ainsi à des opérations de recensement des ressources de poissons au large de l’Afrique puis embarque avec des pêcheurs français pour de longues campagnes de pêche au large de Terre-Neuve. De ces expériences, elle sera marquée par le volume de poissons pêchés, par le volume de poissons morts ou blessés rejetés à la mer, de l'impossibilité des stocks de poissons à se régénérer correctement au rythme où-nous allons. 

Elle écrit plusieurs livres pour alerter sur les dangers de la surpêche et participe également à des activités de préservation des ressources marines. Dans les années 1960, elle encourage notamment le développement de l’aquaculture. Aujourd'hui, les stocks de poissons sont pourtant toujours menacés. 

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