Du sang synthétique pour remplacer la pénurie de dons du sang ?

C'est une première mondiale ! Dans le cadre d’un essai clinique, deux patients volontaires ont reçu une transfusion de globules rouges cultivés en laboratoire. Cette réussite ouvre la voie à une solution pour pallier le manque récurrent de sang à transfuser.
  • Au Royaume-Uni, deux personnes ont bénéficié d'une transfusion à partir de sang synthétique. Baptisé RESTORE, cet essai clinique a été conduit conjointement par plusieurs universités et instituts médicaux dont le NHSBT, le service national de santé sang et transplantation (un peu l’équivalent de notre Sécu) et l’Université de Bristol.

    Aucun effet secondaire

    Les globules rouges transfusés ont été cultivés à partir de cellules souches de donneurs. Elles ont été sélectionnées puis cultivées en laboratoire pour produire des hématies, le vrai nom des globules rouges. Après transfusion, les receveurs ont été surveillés de près. Aucun effet secondaire n’a été relevé, signale le communiqué du NHSBT. « Cet essai stimulant et passionnant est un énorme tremplin pour la fabrication de sang à partir de cellules souches. Nous sommes ravis de voir à quel point les cellules fonctionnent bien à l’issue de l'essai clinique. » explique Ashley Toye, professeur de biologie cellulaire à l'université de Bristol.

    Du sang synthétique à la durée de vie plus longue ?

    Bientôt, d'autres volontaires devraient recevoir deux mini-transfusions à au moins quatre mois d'intervalle, l'une de globules rouges standards et l'autre de globules rouges synthétiques. Le but : déterminer si ceux qui sont cultivés en laboratoire ont une durée de vie plus longue que les vrais. « C'est vraiment fantastique que nous soyons maintenant en mesure de produire suffisamment de globules rouges de qualité médicale pour permettre à cet essai de commencer. Nous sommes vraiment impatients de voir les résultats et de savoir s'ils fonctionnent mieux que les globules rouges standards », se réjouit dans le communiqué Rebecca Cardigan, la responsable du développement des composants au NHSBT.

    Une alternative aux dons de sang ?

    Pour les chercheurs, ces cellules synthétiques vivraient plus longtemps car elles sont plus jeunes et elles ont toutes le même âge. « Si notre essai, le premier de ce type au monde, réussit, cela signifiera que les patients qui ont actuellement besoin de transfusions sanguines régulières à long terme auront besoin de moins de transfusions à l'avenir, ce qui contribuera à transformer leurs soins », explique le professeur Cedric Ghevaert, hématologue consultant à l'université de Cambridge. Ces cellules miracles pourraient ainsi soulager certains patients au groupe sanguin rare ou ceux atteints de maladie comme la drépanocytose qui rend les transfusions complexes.
    En attendant, on peut toujours continuer à donner son hémoglobine. Chaque jour, 10 000 dons de sang sont nécessaires pour soigner les patients hospitalisés en France. D’ailleurs, l’Établissement français du sang lance régulièrement des alertes sur le manque de sang.

    À lire aussi