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Eco Wave Power : une solution pour produire de l'électricité propre grâce aux... vagues

L’ONU a récemment dressé 17 objectifs de développement durable. Ambassadeur français de l’initiative, la mission Energy Observer met en lumière des solutions originales pour "sauver la planète". Cette semaine, on fabrique de l’énergie propre avec la puissance des vagues et même avec... nos pas.

Soleil, vent, mer, énergie humaine… Lorsqu’on voit l’ingéniosité que déploient les ingénieurs et chercheurs de notre temps pour utiliser les sources d’énergie naturellement présentes sur notre planète depuis des millions d’années, on se dit que l’époque n’est pas si désespérée. Les deux solutions mises en avant cette semaine par la mission Energy Observer, mandatée par l’ONU, sont tout simplement révolutionnaires… et elles utilisent pourtant des ressources gratuites et à portée de main.

Eco Wave Power, une société israélienne basée à Haïfa, se sert par exemple de la formidable puissance des vagues pour produire de l’électricité, mais l’entreprise évite de bâtir des structures offshores coûteuses et encombrantes : elle a décidé d’utiliser les infrastructures (bâtiments, ports, jetés…) déjà à disposition pour s’y accrocher, à la manière des balanes qui se fixent aux bateaux ou aux baleines.

Emporté par la houle

Avec les constructions déjà présentes sur nos côtes, "le dispositif pourrait bénéficier à la moitié des habitants du globe", précisent les aventuriers d’Energy Observer, alors qu’Inna Braverman, fondatrice du projet, explique que les turbines sont plus fiables qu’en haute mer, car les tempêtes y sont plus rares et moins violentes que sur le littoral.

Cette énergie calculable, dite "houlomotrice" (qui transforme l’énergie cinétique de la houle en électricité) vient de simples flotteurs installés en bord de mer et soumis au ressac des vagues, qui activent des pompes hydrauliques. "Le va-et-vient continu des flots offre une source d’énergie sans interruption. Plus prédictible que le vent et le soleil, elle permet de produire de l’électricité avec des dispositifs plus simples à mettre en place et un coût plus faible."

Testé d’abord à la maison en Israël, Eco Wave Power a inauguré en 2017 une première centrale d’une capacité de cinq mégawatts à Gibraltar. "Elle fournit 15% de l’électricité de l’État". D’autres projets sont déjà en cours de construction en Chine, au Royaume-Uni, au Chili et en Inde. On parie qu’ils feront des vagues (oui, facile).

Et si le fait de marcher produisait de l’électricité ?

Nos pieds sont le moyen de transport le plus communément utilisé autour de la Terre, mais pendant des dizaines de milliers d’années, nous ne nous rendions même pas compte que l’énergie dépensée se dispersait autour de nous, sans possibilité d’être emmagasinée et réutilisée. Pavegen, une startup londonienne, s’est penchée sur cet outil naturel formidable pour fabriquer des dalles intelligentes, légèrement souples et montées sur aimants, qui récupèrent l’énergie de nos poids en mouvement pour produire de l’électricité.

Ce n’est pas la première entreprise à tenter l’aventure de l’énergie cinétique humaine, mais elle semble la plus aboutie. "Grâce à un dispositif intégré à la chaussée, Pavegen est capable de transformer l’impulsion de chacun de nos pas. Lors de son passage, le piéton active des petits générateurs électromagnétiques placés sous la dalle. Cette technologie est très prometteuse pour les espaces à haut trafic, tels que les gares ou les centres commerciaux", indique Energy Observer, parti à la rencontre des fondateurs de l’entreprise.

En effet, même sur une petite surface de quelques mètres carrés, certains endroits très touristiques ou très passants voient des millions de personnes les fouler chaque jour. On pense à Times Square à New York, aux grandes gares européennes ou asiatiques, à certains aéroports très fréquentés… Cela suffirait à produire les éclairages des zones en question pendant la nuit. "L’éclairage consomme 2900 térawatts-heure d’électricité chaque année, soit près de 20% de la consommation mondiale d’énergie !" Les villes se doivent donc d’ores et déjà de chercher à être plus durables et surtout autonomes, en s'affranchissant des énergies fossiles.

"La progression des énergies renouvelables s’accélère, mais elle se doit d’être soutenue par des solutions adaptées, car toutes les énergies renouvelables ne sont pas applicables à la ville. L’énergie photovoltaïque imprègne peu à peu le tissu urbain, mais l’éolien reste par exemple circonscrit aux grands espaces", note cependant Energy Observer. Il faut donc trouver des solutions adaptées. Et nos pas effectués sur les pavés des grandes agglomérations, pour aller au boulot ou simplement se promener, sont, eux, éternels.

Premier ambassadeur français des Objectifs de Développement Durable de l’ONU, la mission Energy Observer sensibilise aux solutions innovantes avec son bien-nommé projet "Solutions". Mais Energy Observer, c’est avant tout le nom du premier navire autonome en énergie, à la fois plaidoyer et laboratoire de la transition écologique. Toutes les informations sur le projet sont à découvrir ici.

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