A 25 ans, il crée une appli pour détecter les pesticides sur les fruits et légumes

On doit le "scanneur alimentaire" à un étudiant du Havre nommé Simon Bernard. Une bonne nouvelle quand on sait que plus de 50 % des fruits et légumes contiennent des pesticides jugés dangereux. Merci Scan Eat.
  • On connait toutes et tous le fameux slogan « 5 fruits et légumes par jour ».  Mais si ces fruits et légumes sont pollués par des pesticides, on fait quoi ? D'un côté, on entend que ces résidus de pesticides ont des conséquences sur notre santé. De l'autre, que ces résidus ne sont pas dangereux... Et si on commençait par pouvoir les détecter soi-même ? 

    Des fruits et légumes plus contaminés que d'autres

    Pour le compte de la DGCCRF (Direction générale de la répression des fraudes), des chercheurs de l’ONG Générations futures ont analysé, entre 2012 et 2017, 18 types de fruits et 32 types de légumes non bios. En mai 2022, le rapport concernant ces études tombe et il fait froid dans le dos : 89% des cerises testées portent des résidus de pesticides. Mais aussi 88,1% des clémentines et mandarines, 87,3% des raisins, 50,8% des mirabelles… Bref, de quoi s'inquiéter !

    Pire, quelques mois plus tôt, l’UFC-Que choisir publie une analyse des 14 000 contrôles sanitaires officiels menés sur les aliments vendus en France. On découvre alors que 50 % des fruits et légumes issus de l'agriculture intensive que nous achetons en France sont contaminés par des pesticides à risques.  

    Plutôt prévenir que guérir ? 

    C'est face à ces constats désolants et la guerre qui oppose les lobbies pro-pesticides et les lobbies pro-bio, qu'un étudiant a eu idée innovante. Et si on donnait aux consommateurs et consommatrices la possibilité de tester eux-mêmes leurs fruits et légumes ? 

    Un détecteur de pesticides, c'est ce que Simon Bernard, 25 ans, étudiant de l’École nationale supérieure maritime du Havre, imagine en 2016. Son idée gagne même le premier prix du concours « Greentech écoles », organisé par le ministère de l’Environnement. Une victoire qui change tout, puisqu'elle lui rapporte un soutien financé de 150 000 €, ainsi qu'un CDD de 9 mois au sein d'un incubateur du ministère en Seine-et-Marne. L'objectif, développer ce projet et le commercialiser. C'est ainsi que née une application pour Android baptisée Scan Eat.  

    Comment ça marche ? 

    Grâce à la spectroscopie (l'étude des spectres des rayonnements électromagnétiques émis ou absorbés par une substance), n'importe qui peut désormais scanner un ingrédient et l'analyser. Dans la base de données de Scan Eat, (Open Food Facts), plus de 270 000 produits référencés dans 141 pays.

    Une solution pour mieux manger, qui s'ajoute à l'application Yuka pensée également en 2016 par François Martin, Benoît Martin et Julie Chapon, et au dispositif Nutri-score créé par Santé publique France. Mais savez-vous lire les informations qu'on vous donne sur la qualité nutritive et la qualité sanitaires de vos aliments ? 

    Simon Bernard, dont la devise est : « Oublie que t’as aucune chance et fonce ! » n'en est pas à sa première innovation. En 2016 encore, il remportait le concours Green Tech Verte du Ministère de l’Environnement.

    Une autre victoire... qui lui a permis de concrétiser un autre projet tourné vers l'écologie : Plastic Odyssey, une organisation qui lutte quant à elle contre la pollution plastique des océans. Simon Bernard, futur ministre de la Transition écologique ?
     

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