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L'agriculture sans pesticides, est-ce qu'on y croit vraiment ?

Les écolos l'affirment, il faut mettre fin à l'usage des pesticides pour préserver notre santé et la planète. Une vision qui est d’ailleurs à l'origine de l'agriculture bio et de la permaculture. Mais peut-on vraiment nourrir la planète grâce au bio ? D'après les scientifiques, rien n'est moins sûr.

Il y aura entre 9 et 10 milliards de personnes à nourrir dans le monde en 2050. L’équation à laquelle nous faisons face est donc sans précédent : il faut produire encore davantage de nourriture que ce que nous faisons aujourd’hui, sans renier sur leur qualité, tout en préservant la biodiversité.

L’ampleur du challenge est énorme car notre système agroalimentaire repose sur un modèle - l’agriculture conventionnelle - qui s’est développé grâce à l’utilisation d’intrants de synthèse comme le glyphosate ou les néonicotinoïdes (les intrants de synthèse regroupent les pesticides et insecticides chimiques). 

Or, ces produits sont aujourd’hui controversés - certains sont interdits ou en passe de l’être - car ils tuent les abeilles, la biodiversité des sols, et entraînent la mort des oiseaux. Ils sont aussi suspectés d’être cancérigènes. 

Pourtant, de l’avis des scientifiques et agriculteurs, ces intrants sont essentiels pour garantir les rendements car ils protègent les plantes de leurs agresseurs (comme les pucerons, par exemple) ou des maladies qui ravagent les cultures (le mildiou ou l’oïdium). Sans eux, il ne serait donc pas possible de nourrir la planète.  


Oui, mais en bio, il n’y a pas de pesticides, et ça marche très bien !

Il existe des “pesticides” plus ou moins chimiques qui sont autorisés en agriculture bio, comme la bouillie bordelaise ou des produits à base de soufre, par exemple. En revanche, les intrants chimiques comme le glyphosate ne sont pas tolérés.

Mais il faut savoir que l’agriculture bio possède tout de même des limites. On constate des pertes de rendements de l’ordre de 20% lors d’une conversion à un système bio. On parle aussi beaucoup de permaculture comme modèle, mais ces systèmes sont compliqués à mettre en place à grande échelle sur des exploitations de blé, d’orge ou de soja par exemple.  

Évidemment, il y a des exemples réussis de conversion au bio et d’agriculteurs qui ont de très bons rendements par ces techniques. Mais la généralisation de l’agriculture bio à très grande échelle est difficile. La faute à un élément chimique : l’azote.


Vers un maximum de 60% de bio à l’échelle mondiale ? 

L’azote permet la photosynthèse et représente donc la clé de tout système agricole. Il y a un cycle de l’azote avec les plantes de la même manière qu’il existe un cycle de l’eau : les plantes aspirent l’azote qui est contenu dans le sol pour grandir et se développer. Une fois la récolte effectuée, il faut donc renouveler le stock d’azote dans le sol si l’on veut pouvoir refaire pousser des plantes.

L’utilisation d’engrais azotés peut faire l’affaire, mais en agriculture biologique, il faut de l’azote naturel, c'est-à-dire du fumier ou du compost la plupart du temps. Et c'est là que ça devient compliqué car il faut réorganiser notre modèle. 

D'après les scientifiques, il faudrait rééquilibrer notre alimentation (donc manger moins, et moins de viande) ; ensuite rapprocher les élevages des cultures ; et enfin réduire le gaspillage afin de produire moins, mais mieux. 

Pourtant, même avec ces conditions, ils estiment qu’on ne pourrait pas atteindre plus de 60% de bio à l’échelle mondiale. Comment faire pour que les 40% restants ne viennent pas mettre en danger la biodiversité ? Il y a beaucoup de recherches sur le sujet, en particulier autour de la technologie (agriculture de précision) ou de l’agroécologie. 

La science pourrait aussi venir nous aider. Par exemple, récemment, des chercheurs français ont mis au point des cépages de vignes qui sont naturellement résistantes aux maladies comme le mildiou. De quoi se passer d'intrants chimiques. Encore une preuve que les solutions existent pour nous aider à préserver la planète. 

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