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Manger bio en sauvant les agriculteurs ? C’est possible avec ces plateformes éco-militantes

Crowdfarming, coopératives d’achats en direct… le web dégaine des solutions pour que vos courses de produits fermiers profitent directement aux exploitants sans payer plus cher ou rogner sur la qualité.

À l’échelle de la planète, 42 tonnes de nourriture sont gaspillées chaque seconde. La moitié sont des fruits et légumes. Pourtant, à l’origine de cette chaîne, les agriculteurs sont loin de s’enrichir sur le dos de cette sur-production. Surcharge, épuisement, endettement… le taux de suicide des paysans est le plus élevé de France. Malaise. Pour qu’ils retrouvent la banane, il faudrait que revaloriser leur labeur et limiter les pertes. Deux problèmes résolus d’un seul coup quand on achète en direct aux producteurs. Et pourquoi pas en amont, bien avant la récolte, sur une plateforme en ligne. Allo les consommActeurs ? Vous avez un message.

Adopte un arbre sur le Tinder des maraîchers

Le point de départ de cette insurrection numérique se situe en Espagne. À Valencia pour être précis, dans le verger. Deux frères (Gabriel et Gonzalo) ont décidé en reprenant les terres de leur grand-père de faire financer l’exploitation de l’orangeraie directement par ceux qui allaient en bénéficier. Comme un crowdfunding mais pour des récoltes. Familles et proches se cotisent pour s’acheter chacun un arbre et reçoivent la production d’oranges (des dizaines de kilos sur la saison) qui leur revient…

C’était en 2010 et des acheteurs s’ajoutèrent à chaque fois que Gabriel et Gonzalo plantaient de nouveaux arbres. D’autres producteurs ont rejoint le mouvement (fromages de chèvres, noix, huile d’olive), c'est alors qu'un outil devient nécessaire pour rassembler offres et demandes. Dites hello à Crowdfarming.com, la plateforme de commande de récolte.

Reprenons : vous achetez un arbre fruitier (ou une ruche, une chèvre, une rizière etc) en amont et laissez l’agriculteur travailler à sa façon. Sans presser la nature par des intrants polluants visant à augmenter le rendement. Vous donnez un nom à votre arbre et l’on vous tient au courant de sa croissance, ses premiers pas – euh, disons ses premières fleurs – de la météo qui l’environne etc. Puis arrive la récolte qui vous est envoyée à domicile de la façon la plus responsable et la plus sobre possible (cagette, carton, et surtout pas d’avion). Ainsi, toute la production est vendue au consommateur, rien n’est perdu et l’agriculteur a pu travailler sereinement au prix le plus juste. E viv(r)a España !

Au-delà du produit, chaque producteur se présente, photo du terroir et biographie à l’appui, pour dépasser l’acte d’achat et entrer dans la coopération. Une petite révolution agricole qui passe par le web. Normal donc que plusieurs paysans français ont déjà leur étal sur Crowdfarming. Mais elle n’est pas la seule solution qui responsabilise les consommateurs.

Circuit court, idées longues et made in France

On l’a constaté à chaque confinement, les distributeurs sont sous pression. Approvisionnement compliqué, difficultés à rationner, et invendus jeter sans ménagement si les clients n’ont osé se déplacer. Pendant ce temps-là, jaillissaient partout des « drives fermiers », tenus par les cultivateurs eux-même sur un parking, à l’arrière de la camionnette. Pour booster la vente directe, il n’en faut pas plus qu’un rendez-vous fixé pour remettre des commandes déjà passées en ligne. Ce que fait Cagette.net depuis 2013.

Ce service internet open-source fait le lien entre des producteurs et des consommateurs, sans autre intermédiaire ni commission. L’occasion de retrouver des produits locaux de saison, en panier ou au détail, à prix coûtant. Le paiement est fixé par le fermier, réglable au choix à la commande ou à la livraison.

Simple, efficace et l’occasion d’acheter groupé (pour un voisinage, une entreprise...), donc moins cher. Bénéfice aussi pour les paysans qui peuvent s’organiser pour l’un livrer l’autre et se répartir des zones géographiques. Un sacré coup de pouce participatif pour garder une agriculture paysanne. Dans cet esprit, Cagette avait même aidé au printemps les exploitants à créer des drive là où ils étaient sûr de rencontrer des consommateurs : ronds-points, parkings de centres commerciaux… L’entraide en marche.

Soudain, l’État s’en mêle

Face à l’explosion du click and collect, le Ministère de l'Agriculture a fait le même constat sur les bénéfices de la vente directe. C’est pourquoi il vient de lancer sa propre plateforme : fraisetlocal.fr recense les points de vente de produits fermiers. Ceux déjà comptabilisés par les Chambres d’agriculture des départements, mais aussi les établissements de formations (lycées agricoles) et les fermes urbaines. Une plateforme 100 % française donc, dont la proximité assure une empreinte carbone minimale puisque dénuée de transporteur… ou presque. Car cette fois, il vous faudra vous présenter sur place pour acheter ; la plateforme ne gère pas les achats. Peu importe : c'est du tout bon.

Toutes ces initiatives sont profitables. En 2020, 6000 producteurs approvisionnaient 2000 points de ventes grâce à La Cagette, et Crowdfarming profite à des milliers d'inscrits. Les producteurs participants à cette aventures disent tous avoir amélioré leurs revenus. Depuis 2018, 73% des Français ont modifié leurs achats alimentaires pour choisir plus local et plus sain. Un geste fort pour la planète. Il est temps d'agir pour ceux qui vous donnent déjà tout. Et ça n'a jamais été aussi simple de les contacter.

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