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"Handicapowerment" : avec My Human Kit, on fabrique sa propre prothèse

L’ONU a récemment dressé 17 objectifs de développement durable, couvrant des domaines très variés. Chaque semaine, nous tâchons, grâce à l'ambassadeur français Energy Observer, de mettre en lumière des solutions originales. Cette semaine, focus sur My Human Kit, une association rennaise qui développe une solution open source pour fabriquer sa propre prothèse.

« Mon handicap n’est plus quelque chose que je subis, c’est quelque chose que j’explore. » C’est en ces termes forts que Nicolas Huchet, fondateur de l’association My Human Kit, s’adresse aux explorateurs d’Energy Observer, cette mission française qui parcourt le monde à la recherche des solutions de développement durable les plus innovantes de la planète. Ayant perdu un bras après un accident du travail à l’âge de 18 ans, il expérimente depuis plusieurs années différents types de prothèses dans un FabLab de Rennes.

Une première main bionique en "open source" dès 2013

Tout est parti du constat selon lequel les porteurs de prothèses ont bien souvent des options très limitées quand il s’agit de choisir leur appareillage : les prothèses remboursées par la Sécurité sociale sont de simples pinces rudimentaires recouvertes de caoutchouc, et les modèles plus élaborés, notamment avec des doigts indépendants, coûtent une petite fortune.

Accompagnés de quelques acolytes, Nicolas a imaginé sa propre main bionique, fabriquée en open source pour moins de 1000 dollars, dès 2013. Celle-ci a provoqué un véritable effet boule de neige, inspirant des milliers de personnes handicapées autour du globe. En 2017, suite au succès du modèle, Humanlab était né à Rennes : une manufacture digitale dédiée à la santé, et intégrée à un FabLab local.

Petit rappel : les FabLabs sont ces incubateurs très en vogue (la France est le deuxième pays le plus équipé au monde) qui permettent de démocratiser les usages de la fabrication numérique. Ils ont chacun leurs domaines de prédilection, suivant les villes et les écoles scientifiques qui y sont accolées (ingénierie, design, santé, art…) et accueillent tous les publics, des écoliers aux retraités, sous la supervision de FabManagers opérationnels sur les nombreuses machines.

Des cours, des séances de professionnalisation, des ateliers, de la documentation y sont aussi disponibles, dans une ambiance joyeusement foutraque. Dans le FabLab de Rennes (de son petit nom LabFab), « ce qui est produit par la communauté est diffusé librement pour faciliter son appropriation et faire connaître la marque et le réseau ».

L’une des devises de l’asso ? "Celui qui dit fait, celui qui fait a raison"

"Handicapowerment" : c’est ce nouveau mot créé par l’équipe; celui qui définit le mieux My Human Kit (et le Lab qui l’héberge). Les porteurs de prothèses ou leurs parents peuvent venir imprimer eux-mêmes des modèles de dernière génération avec des imprimantes 3D, à partir de plans open source, et les adapter à leurs besoins. Accompagnés par des bénévoles, ils reprennent ainsi le pouvoir sur leur handicap.

Le but ultime de chacun « est de fabriquer sa prothèse idéale. Que je puisse y intégrer une boîte d’allumettes si je veux, que ce soit possible d’y attacher mon smartphone. De fait, on pourrait imaginer une prothèse MacGyver, sur laquelle je peux mettre un couteau, une cuillère ou une palme. On peut vraiment s’éclater », assure Nicolas Huchet. Grâce aux licences libres, les possibilités sont infinies, et surtout à moindre coût (300 euros pour un prototype élaboré de prothèse de main, au lieu des 40 000 euros minimum habituels).

« On peut imaginer une prothèse MacGyver, sur laquelle je peux monter un couteau, une cuillère ou une palme (Nicolas Huchet, fondateur de My Human Kit) »

Dans le lab de Rennes, on apprend en fait « la modélisation, le codage, mais aussi la débrouillardise et la solidarité », explique Energy Observer. L’une des devises de l’asso ? "Celui qui dit fait, celui qui fait a raison." Le réseau est en effet basé « sur la collaboration de tous. Le postulat est que la communauté est en mesure de faire par elle-même ce qui est bien pour elle-même, », explique leur site. Appliquée au domaine de la santé, cette mentalité fait de véritables merveilles.

Premier ambassadeur français des Objectifs de Développement Durable de l’ONU, la mission Energy Observer sensibilise aux solutions innovantes avec son bien-nommé projet « Solutions ».  Quant à Energy Observer, c'est, à l’origine, le nom du premier navire autonome en énergie, à la fois plaidoyer et laboratoire de la transition écologique. Toutes les informations sur le projet sont à découvrir ici.

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