

Le Pizzly, une espèce qui pourrait sauver de l'extinction les ours polaires
Croisement hybride entre des grizzlis et des ours polaires, le Pizzly est un animal qui a été observé pour la première fois dans les années 1970 et dont la population augmente au fur et à mesure que le réchauffement climatique s’accélère. À tel point que les scientifiques estiment que cette hybridation est peut-être la seule solution pour que les ours blancs s’adaptent à la vie hors de la banquise et puissent ainsi faire perdurer leur caractéristiques.
2023 M03 23
Dans les régions glacées de l'Arctique, les ours polaires sont confrontés à un ennemi redoutable : le réchauffement climatique. Alors que les glaces fondent à un rythme alarmant, ces grands prédateurs perdent leur habitat et leur source de nourriture.
Car les ours polaires sont fortement dépendants de la banquise pour le principal aspect de leur vie : se nourrir. Ils utilisent ainsi la glace comme plateforme pour chasser le phoque, leur principale source de nourriture. Or, la fonte des glaces de mer arctique rend cette activité de plus en plus difficile, voire bientôt impossible.
Étant donné que le réchauffement climatique y est plus rapide que partout ailleurs dans le monde, les climatologues estiment ainsi que l’Arctique pourrait connaître dès les années 2030 des étés sans glace, ce qui aurait des conséquences désastreuses sur la survie des ours polaires. Une étude récente estime ainsi qu’il y a 70% de risques que la population d'ours blancs, estimée à 26 000 individus, diminue de plus de 30% dans les 35 prochaines années et cette tendance pourrait s’avérer irréversible.
Si rien n'est fait pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, ces magnifiques animaux pourraient donc disparaître à jamais de la surface de la Terre.

Un phénomène darwinien pour sauver les ours blancs ?
Cependant, depuis les années 1970, quelque chose d'étonnant est en train de se produire et pourrait s’accélérer en raison du réchauffement climatique : le croisement entre l’ours polaire et son cousin le Grizzly.
Le pizzly peut ainsi avoir un pelage blanc ou brun, avec une tête et des griffes plus semblables à celles d'un grizzly qu'à celles d'un ours polaire. On a aussi retrouvé des individus avec un pelage blanc sur le dessus et brun sur la partie ventrale, où encore un individu avec un pelage blanc et le contour des yeux bruns. Le pizzly est également appelé "ours polargrizz" ou "ours grolaire".
Ce mélange génétique est possible car les deux espèces appartiennent au même genre. D’ailleurs, des analyses ADN ont démontré que l’ours polaire et le grizzly avaient un ancêtre commun dont ils se sont séparés il y a environ 600 000 ans. On pense que ces croisements sont de plus en plus fréquents en raison de la fonte de la banquise, qui rapproche les habitats des deux espèces et augmente les possibilités de rencontres et d'accouplements.
Ce pourrait être, d’ailleurs, l’une des seules possibilités pour que survivent les caractéristiques de l’ours polaire. D’ailleurs, certains scientifiques estiment que cela a déjà été le cas il y a 120 000 ans durant une période de réchauffement du climat, avant que les deux espèces ne se séparent à nouveau. Des recherches complémentaires sont à effectuer sur ces animaux pour mieux comprendre les tenants et aboutissants de cette hybridation, mais le Pizzly pourrait définitivement être la solution pour éviter une extinction irrémédiable de l’ours polaire.