Le média des initiatives positives

Édité par

Édité par

Le sneckdown, où quand la neige révèle comment nous utilisons la rue

Le sneckdown est une pratique qui permet d’optimiser l’espace public en utilisant les chutes de neige comme indicateur pour l’aménagement des villes. D’ailleurs, en France, on aura même tendance à parler d’améneigement.

Émerveillement, crainte ou agacement, la neige peut provoquer toutes sortes d’émotions chez les uns et les autres. Mais l'une des plus improbables découvertes à son sujet, c’est qu’elle peut aussi se révéler être un véritable atout pour la réorganisation des espaces publics. 

C’est ce qu’on appelle le “sneckdown”. Une contraction du mot snowy (neigeux) et de neckdown, qui signifie « avancée de trottoir ». Cette notion a été inventée en 2006 par le vidéaste New-Yorkais Clarence Eckerson dans l'une de ses vidéos relatant les bénéfices de la neige pour les villes. Le terme est ensuite repris par le journaliste Aaron Naparsteck, le fondateur de Streetsblog, un site spécialisé sur l’urbanisme, qui lui permet d'être ensuite réutilisé un peu partout. 

Le sneckdown, ou améneigement, qu’est-ce que c’est ? 

Lorsque la neige tombe et que les véhicules circulent, nous pouvons distinguer mieux que jamais les traces des voitures et autres engins de circulation sur les routes. Ainsi, là où la neige est amassée ou encore intacte, on peut considérer qu’il s’agit de zones inutiles au trafic automobile. Elles peuvent donc être converties en pistes cyclables, ou servir à l’agrandissement des trottoirs, la mise en place de bandes végétalisées, etc. 

Cette pratique s’est notamment répandue en Amérique du Nord via les réseaux sociaux où le hashtag #Sneckdown a permis aux internautes de poster des photos de ces espaces enneigés pour dénoncer leur aménagement inapproprié. Cela démontre notamment que les automobilistes n’ont généralement pas besoin d’utiliser tout l’espace qui leur est pourtant réservé. 

En matière d'urbanisme, le sneckdown est rapidement devenu une pratique courante à travers le monde. Et même là où il ne neige jamais ! Ainsi, en Californie et en Australie, en l’absence de neige, certaines municipalités ou collectifs citoyens s’y sont déjà essayés avec, par exemple, de la farine ou encore de la peinture. Et pour les régions où la saison automnale se distingue aussi par les feuilles qui tombent, ce sont parfois les amas de ces dernières qui remplacent la neige.

Rééquilibrer l’espace public, une nécessité pour les villes durables ? 

Dans la plupart des villes actuelles, telles qu’elles sont conçues, on considère qu’entre 50% et 70% de l’espace est réservé aux automobiles. À la fois pour circuler et pour stationner. Ce qui ne laisse aux trottoirs et aménagements cyclables que quelques miettes. 

À l’image de la ville de Paris, qui va supprimer durant les six prochaines années de mandature la moitié de ses 150 000 places de stationnement en voirie, de nombreuses villes réfléchissent dinc à une manière de rééquilibrer l’espace public, avec des pistes cyclables, des trottoirs plus large, des couloirs de bus et des bandes végétalisées. 

C’est ici que la pratique du sneckdown porte tout son sens, en nous montrant, sur la voie, là où il est possible d’améliorer les choses. 

À lire aussi :

  • Qui sommes-nous ?

    Les Éclaireurs met en lumière les initiatives positives.
    En savoir plus
  • Contact

    Une initiative à nous proposer, un projet à nous recommander ?
    Contactez-nous