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Récupérer les déchets, c’est désormais possible même dans l’espace

L’un des principaux enjeux du développement durable est bel et bien la gestion des déchets. Plastique, métaux, carton, on pensait avoir fait le tour. Et si on vous dit qu’il y a aussi des déchets dans l’espace ? Face aux dangers qu'ils représentent, l’Agence Spatiale Européenne lance sa première mission de nettoyage de l’espace.

Alors que nous autres terriens prenons peu à peu conscience de la nécessité de préserver notre environnement, il semblerait que la cause environnementale dépasse nos simples frontières terrestres.

Nul n’ignore désormais le défi de la gestion des déchets sur Terre, mais saviez-vous que cette problématique vaut aussi pour l’espace ? On estime à au moins 30 000 le nombre de débris spatiaux d’une taille supérieure ou égale à 10 centimètres qui tournent, à très grande vitesse, au-dessus de nos têtes. Et au-delà de la question écologique que cela pose, ces déchets représentent aussi un réel danger pour l’activité spatiale.

Des petits débris mais de gros dégâts

Ces débris se déplacent à une vitesse équivalente à environ 28 000 km/h. À cette vitesse, un objet de seulement 1 cm de diamètre aura la même énergie qu’une voiture lancée à 130km/h. Ainsi, une simple vis peut endommager voire détruire un satellite. En 1996 par exemple, un fragment de l’étage supérieur d’une fusée Ariane a percuté le microsatellite militaire français Cerise, sectionnant ainsi plus de quatre mètres du mât qui lui permet de se stabiliser. 

Le fait est qu'ils peuvent également finir par retomber sur Terre. Pas de panique, la plupart se désagrègent lors de leur entrée dans l’atmosphère. Seul 10% à 20% des déchets spatiaux arrivent à la surface du globe et dans la majorité des cas, les impacts ont lieu dans des zones immergées de la Terre (dont seuls 3% de la surface est habitée). 

Et pour faire un peu de ménage là-dedans, alors que les expéditions spatiales se multiplient, l'Agence Spatiale Européenne (ESA) lancera en 2025 la première mission mondiale de nettoyage de débris spatiaux. Pour ce faire, l'agence a signé un contrat de 86 millions d’euros avec la startup suisse ClearSpace qui va concevoir un véritable "chasseur de satellites"

« Imaginez combien il serait difficile de naviguer en haute mer si tous les navires ayant déjà fait naufrage dérivaient à la surface de l’eau. »

Jan Wörner, directeur Général de l’ESA

Nettoyer l’espace, d’accord, mais comment ? 

Le premier objectif de ce programme de gestion des déchets spatiaux sera de capturer l’adaptateur Vespa. Ce beau débris de 112 kilos est une structure porteuse qui a été abandonnée en 2013 suite au second vol du lanceur Vega de l’ESA. 

L’engin responsable de cette mission des moins banales se baptise ClearSpace-1. Il est doté de quatre bras robotiques. Il devra être envoyé à 720 km d’altitude afin de capturer de ses bras métalliques ce gros débris, avant de l’emmener brûler dans l’atmosphère. 

Mais l'enjeu, pour l'agence spatiale, est aussi de concevoir des lanceurs et des satellites capables de laisser moins de déchets en orbite. Une manière durable de concevoir l'exploitation spatiale afin d'éviter un scenario catastrophe appelé "scénario de Kessler". 

Une hypothèse selon laquelle, à partir d’un certain nombre de déchets présents dans l’espace, le risque de collision en chaîne augmente. Or, plus les déchets entrent en collision plus ils se multiplient en se fragmentant, si bien que des zones orbitales pourraient devenir entièrement impraticables.

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