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Le male et female gaze au cinéma et dans les séries, expliqué par Iris Brey

Depuis toujours les femmes sont filmées comme des objets de plaisir. Cela porte un nom, le male gaze ou regard masculin, comprendre le regard que l’homme porte sur la femme à travers l’œil de la caméra. À l’occasion du Champs-Elysées Film Festival, nous avons pu échanger avec celle qui a importé le concept en France, Iris Brey. Critique de cinéma, autrice et journaliste, elle est devenue la spécialiste française des représentations de genre au cinéma et dans les séries. Rencontre.

"À force de le voir partout, de ne pas le remarquer, nous contribuons inconsciemment à renforcer la vision patriarcale d’une société qui traite les corps féminins comme de la marchandise." Interroger le male gaze, c’est réfléchir à la manière dont une ou un cinéaste met en scène le corps des femmes et l’imaginaire lié aux femmes.

Comment reconnaître un film porteur de male gaze ?

« Si en tant que spectateur, vous avez l’impression de regarder un personnage féminin filmé comme un objet, c’est du male gaze. » Faut-il jeter tous nos DVDs de James Bond ? Là n’est pas la question, nous répond Iris Brey. En interrogeant le sens caché des images, cette dernière appelle à une émancipation des spectateurs. Il s’agit de revisiter les œuvres, continuer à apporter de la matière et un sens nouveau car chaque spectateur est un « agent politique. ».

Halle Berry dans Meurs un autre jour de Lee Tamahori

Il ne convient pas non plus d’opposer male et female gaze. « Je ne pense pas que le female gaze soit non plus des films réalisés par des femmes. » C’est un regard qui ne s’oppose pas mais diffère radicalement du regard masculin. Comme dans Titane de Julia Ducournau, devant lequel le.la spectateur.rice ne regarde pas l’héroïne à distance mais ressent ce qui la traverse « même dans des scènes d’horreur où il y a quelque chose de très viscéral. » Les films porteurs de female gaze s’efforcent donc de mettre l’expérience féminine au cœur de leur narration et de faire en sorte que les spectateur.rice.s ressentent la chair du personnage féminin.

Smithereens de Susan Seidelman

Pour prolonger le sujet, Iris Brey a animé une table ronde sur les « Riot Girls », en marge de la rétrospective consacrée à ces dernières et organisée par le Champs-Elysées Film Festival. Susan Seidelman, Virginie Thévenet, Lizzie Borden,…  Des femmes réalisatrices qui ont su ont su créer, bien avant le mouvement #MeToo, des espaces de résistance, de rébellion et de liberté pour faire barrage à la pensée patriarcale. Appelées les « insoumuses », elles ont filmé la scène underground des années 80 avec justesse, en faisant de leurs caméras les armes parfaites pour livrer leur témoignage du monde. Des films porteurs de female gaze dont vous retrouverez la liste par ici.

Et pour approfondir le sujet, nous pouvons que vous recommander les ouvrages d’Iris Brey : « Le regard féminin : Une révolution à l’écran » et « Sex and the Series » dans lesquels vous retrouverez la liste de films et séries qu’elle analyse à la lumière du male et female gaze.

Vous pouvez également la retrouver sur CANAL+ dans l’émission Le cercle séries.

Crédit photo visuel une : Aurélie Lamachère, Champs-Elysées Film Festival.

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